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 Rabbits' adventures [PV : AARON]

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Gretel Pinderschloss

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MENSONGES : 203
DATE DE PANDAISON : 08/06/2008

CHECK RABBIT
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MessageSujet: Rabbits' adventures [PV : AARON]   Sam 27 Mar - 14:01


    Spoiler:
     

    Dans les couloirs du Filligan College, des bouteilles, des fioles brisées jonchent le sol, très tranquillement. Les petits bris de verre craquent délicieusement sous le pas d’un étudiant inattentif. Mais rien de plus. Oui, rien ne saurait que ce fil éclater conduit tout droit dans les WC de l’établissement. Pourtant, il suffit de pousser le battant.
    La fille s’agenouille. Elle pose ses mains blanches sur la cuvette malpropre des WC des hommes, et, la tête projetée en avant par un soubresaut violent, vomit. Son cœur palpite, sa tête tourne, elle ne sait plus ni où elle est, ni comment elle a atterrit là. Une seule sensation gargouille dans son corps, et anime ses membres léthargiques, celle d’une vague de picotements successifs. Qui irritent sa chair. Tantôt, tels des aiguilles, ils s’enfoncent dans sa peau, et la lardent de leurs coups. Tantôt c’est une indescriptible caresse qui panse ses imaginaires plaies. Maladivement, la chirurgienne tente de s’arracher aveuglement ses aiguillons qu’elle ne peut voir, étant tout juste capable de ressentir leur brûlure sournoise. Ses ongles quittent la cuvette, et commencent à se diriger vers son propre épiderme, qu’elle commence à arracher sauvagement. L’égratignant tout d’abord, puis passant à la vitesse supérieure. La folie la ronge, à coup sûr, mais cette fois-ci, elle-même ne sait ce qui lui arrive. Ni ce qui l’a mise dans un tel état.
    Alors, médusée et éperdue tout à la fois, la femme poupée se retourne vers son petit monstre de daemon qui croupit dans un coin de la salle mal éclairée. Ses jambes ne la soutenant plus, son corps maigre et osseux rampe, tel celui d’un serpent, fragile. Quand enfin, la mégère arrive à apposer une main sur la carcasse de l’hyène, celle-ci émet un léger cri, et tente de mordre sa maîtresse. Et ce duo dégénéré commence à se battre contre la douleur. Comment ? En en créant une autre, bien plus intense, capable de surmonter n’importe quoi. Tout cela, avec un masochisme souriant et des plus délectables.

    « C’est ta faute … c’est à faute, vagit la fille à l’encontre du daemon. »

    Elle commence à vouloir arracher ses poils pelés. Ô Sublime torture à son apogée. Et la fille se plie en deux tant la douleur lui ôte tout autre sentiment que la rage la plus exécrable. Puis les cros de la bête s’enfoncent dans son coude, d’abord sans réelle cruauté, simple pincement. Mais ce pincement si narquois s’accentue, et bientôt c’est tout son corps supplicié qui hurle et se débat dans la gueule du daemon.
    Sans réelle conscience des évènements qui se produisent, la fille se relève alors, et se libère de l’étreinte de la chose. Mais, toute titubante alors, s’effondre dans un cri sur un urinoir déjà bien amoché. Qui achève son processus de destruction dans un sentencieux grincement. Et se dérobe sous le corps de Bertille. Alors elle se roule par terre, et ses membres désarticulés gigotent en tout sens, à la recherche d’un peu de lumière, d’un peu d’air, dans ce grand carnage.

    Il faudrait bien, somme tout, que ce grand délire ameute quelqu’un. Un gentil chien chien de la Dei Scola, qui viendrait aussitôt récupérer la petite chirurgienne. C’est alors qu’une once de bon sens éclaire sa cervelle désagrégée. Oui, peut-être que pour la punir, ce puant petit Aaron prendra sa place, et qu’elle sera alors sous ses ordres. Intolérable. Mais elle n’a pas le temps d’achever sa réflexion que la douleur perce son abdomen. Elle se roule sur les éclats de porcelaine, qui, à leur tour s’enfonce dans son bras déjà souillé par la salive de Coal. Et dans cette infernale ritournelle du chaos le plus suprême, elle perçoit très clairement le sang gicler hors de ses pores. Clepsydre humain, lui semble t’il, qui ne tardera guère à se noyer ici. Dans les chiottes dégueulasses de la DS. Ahhhh. Elle hurle, se tient les côtes, mais rien n’y fait.
    Sa vue, ses sens altérés lui renvoient une image toujours plus désastreuse de la situation. Pourtant, il est vrai, le sang glisse bien sur sa blouse blanche, et vient de joindre aux traces d’alcool qui meublent le tissu rêche et troué, par endroits.

    « C’est ta faute. »

    Sa voix vire aux aigus, hystérique. Son chignon d’habitude si parfaitement serré derrière son crâne s’est défait, et la tignasse hirsute de la fille git sur le carrelage, tout comme elle. Alors qu’elle étouffe, ne parvient plus à rien faire. Il lui semble que la fin est proche. Elle ne parvient plus à respirer, à bouger, paralysée. Comme si son crâne avait été fendu en deux parties bien distinctes; toutes deux cloisonnées. Et au bord de l'implosion.
    Il lui faut de l’aide ? Tout de suite. Au plus vite. Ses yeux ne parviennent plus à regarder un endroit fixe. Ses paupières tombent, se relèvent, papillonnent. Plus rien n’a de forme, de couleur.

    Un corps, pieds nus, short déchiré, maculé de sang, se tord dans des spasmes. C’est Bertille Caughan. Oui, elle, la petite garce au grand sourire de crocodile. Petit lutin vomitif. Et dans la bouche, le hoquet d’un hurlement surgit par instant. Tandis que, dans un coin, l’hyène puante, la patte raide, l’œil fou, voit la porte s’ouvrir. Pétrifiée, mais prêt à bondir comme un chacal sur ce qui arrive. Mais patauge sur le sol qu’elle trouve glissant. Qui tangue dangereusement d’ailleurs. Et s’écrase comme une cerise mûre sur celui-ci.

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lapin deï scolien
Aaron E. Van Waesberghe

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MENSONGES : 4
DATE DE PANDAISON : 13/03/2010
LIEU DU CRIME : Il n`y a plus banale que la sombre ruelle.
ARME FAVORITE : Pic à glace.
CIBLE FAVORITE : Femmes au mental d`acier.

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MessageSujet: Re: Rabbits' adventures [PV : AARON]   Sam 27 Mar - 16:14

      & Peu de gens ont déjà entendu parler de lui, et encore, moins peuvent se venter de l`avoir vu et d`être toujours là pour en parler. Qui est-il ? D`où vient-il ? Que cherche-t-il ? Peut-être que lui-même ne le sait pas. Il existe pourtant un endroit de son être où il est probablement tatoué en lettre capitale que la vengeance est un plat qui s`apprécie et se mange froid. À méditer ...



    Tais-toi. Tu m`énerves, tu m`insupportes, tu me donnes la gerbe. Que veux-tu ? Reprendre le corps que je t`ai enlevé ? Non, arrête Ewenn, tu me l`as donné, il m`appartient à présent. Pourquoi tu me fais si mal, pourquoi tu te débats alors que nous avons la vie et l`éternité devant nous. Sors de moi, délivre-toi de mon mal. Pourquoi tout est si rouge ? Mes mains, mon torse, le sol, les murs ... Est-ce ton sang ou le mien ? Les nôtres à l`unisson, comme cela à toujours été. N`entends-tu pas la bête féroce hurler en moi ? Souffrir pour ce que je suis en train de me faire par ta faute ... La lame glisse lentement le long de mon bras alors que je me masturbe en regardant ton reflet délectable. Qui es-tu ? Que veux-tu faire de moi ? Je perds le contrôle, je hurle à en devenir presque euphorique, je ne me reconnais même plus. Vas-y, fais ce que tu souhaites de mon corps. Je me rappelle à présent ...

    Je m`effondre. Et perd connaissance.

    Certaines personnes me disent schizophrène. Encore faudrait-il me faire croire que je suis complètement fou. Je n`ai plus aucune identité, je vous l`accorde. Mais au fond de moi, je sais très bien qui je suis. Je sais que cette nuit-là, quelque chose d`horrible s`est déroulé ; Ewenn Van Waesberghe a abandonné son corps. Son frère jumeau, Aaron, est revenu à la vie d`une manière similaire. Vous ne me croyez pas ? Vous avez raison, c`est totalement impossible. Croyez donc ce que vous voulez ...


    ~

    Argh. Une migraine fulgurante. J`ai l`impression d`une explosion nucléaire dans ma tête, une longue bataille à la grenade dans cette petite caboche d`ange. Je ne vois rien, je ne sais pas ce qu`il vient de se passer. J`ai froid - très froid même. Je sens comme de l`humidité le long de mon échine, une sensation de mal être et ... J`ouvre les yeux, mon cœur se lève brutalement dans mon thorax. Merde, Ewenn, qu`est-ce que tu as fait ... Je suis à bout de souffle, mais je ne porte plus les blessures que je m`étais pourtant infligé. Un cauchemar ? Je ne vois rien d`autre que cette solution. Mon bras gauche est lourd, mais je sais pourquoi. Je n`ai sûrement pas pu résister cette fois, et si je n`étais plus moi, je sais ce que j`ai fait sans vraiment le vouloir. J`en porte encore les signes physiques. Mon corps est faible, d`ailleurs, que je sois presque nu ne me surprend pas tellement. Je me lève, mes pieds se tordant légèrement de douleur alors qu`ils se retrouvent sur ce sol dur et froid, couvert d`éclats de verre. Mes yeux se posent sur le chacal qui jappe à chacun de mes pas. Elle est roulée en boule dans un coin d`ombre, son poil ayant perdu tout son éclat. Si j`essaye de m`approcher, elle me montre les dents, me prévient que je prends de gros risques. Je ne prends pas peur, mais je m`éloigne, mon visage grimaçant de douleur.

    „ Uspokój się Marja! To nie jest moje nieostrożność ... ”

    *Calme-toi Marja ! Ce n`est pas de ma faute.


    Mes pieds frappent le sol jusqu`à entrer dans une salle adjacente. Contrairement à l`autre, tout est parfaitement rangé. Tu n`auras pas fait de dégât ici au moins. Il n`y a qu`une chose qui me dérange ; cette seringue qui jonche le sol. C`est pour cette raison que j`ai mal au bras, j`ai du me la planter pour un peu de bonheur. Il faut dire que tu ne m`aides pas sale abruti. Déjà que j`ai le mal du pays ...

    ~

    Un silence à en vomir. Tu me suis partout, je te sens, je te vois courir après mon ombre et disparaitre quand je me retourne. Tu m`insupportes, tu m`énerves. Le pire, c`est que je sais que dans quelques minutes tout au plus, quelque chose m`énervera encore plus que ton petit cul. La jolie chirurgienne me servant de supérieure, à ce qui est dit. Cette première de la classe à la langue de vipère que je déteste bien plus que je ne te dédaigne toi. Elle me regarde de travers, comme l`étranger que je fais. Elle n`a pas confiance, elle me juge comme un novice. Ah, que j`aimerais jouer un coup de scalpel sur son corps dénudé. Lui arracher les organes, la voir souffrir à la mort. Joue ... Joue avec moi. Cache-toi que je te trouve. Un, deux, trois ... Clap ! Clap ! Prêt ou pas, j`arrive. Sanglant, je veux te voir saigner comme lorsque l`on égorge un porc. Te voir hurler. Hurle ... Hurle mon nom.

      & Tu aimerais ça, toi, Ewenn ?


    Je longe les couloirs, j`évite les altercations. Je suis le fantôme du Filigan College, personne ne se doute de ma présence. Je m`arrête, j`observe. Je songe au chemin le plus sûr, le plus rapide pour me retrouver à l`endroit où je souhaite aller. Je reprends ma marche, d`une démarche sautillante tant qu`élégante. Un craquement. Mes sourcils se rejoignent. Je baisse les yeux, je lève le pied. Etrange. Des bouts de verres éclatés s`alignent sur le sol. Décidément ... Je me relève. Caughan attendra. J`adore les jeux de pistes. C`est comme ça que tu m`as trouvé, n`est-ce pas Ewenn ? Tu ne te rappelles pas ? Tu rentrais d`une de tes pseudo-fugues habituelles quand tu as suivis du salon les gouttes de sang qui s`étalaient sur le sol. Il n`y a jamais eu que toi pour les voir ... C`est au bout de leur chemin que tu m`as trouvé, que tu m`as aimé pour la première fois.

    Je suis le Petit Poucet. Je marche rapidement, suivant attentivement les indices. Il est presque bizarre de voir un tel foutoir dans cette école. Mais cela ne me dérange pas, je suis même presque amusé. Que vais-je trouver au bout de ce chemin de verreries ? Un trésor ? Ou mieux encore ... un cadavre ? Je m`arrête devant les WC des hommes, excité comme un chercheur avant sa découverte. je pose ma main sur la poignée et pénètre dans la pièce. Le sol est dégueulasse, un mélange de crasse, d`urine et de sang. Mon cœur palpite, un corps est étendu sur le sol. Je ferme la porte, m`approche de la femelle qui crève comme une chienne, là, sur le sol.

    Je la retourne et pose mon pied sur sa gorge pour la maintenir au sol. Je la reconnais directement. Salope ! Elle gâche mon plaisir. Je la lâche sans pour autant l`aider.

    „ Imię Bog! Bertille Caughan ! ”

    *Nom de Dieu ! Bertille Caughan !
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Gretel Pinderschloss

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MessageSujet: Re: Rabbits' adventures [PV : AARON]   Sam 27 Mar - 17:48


    Un râle s’éternise dans son gosier. La brunette ayant tout juste le temps d’apercevoir, dans un clignement éberlué des yeux, la silhouette qui la domine. Qui lui semble drapée d’un terrible halo noir. La mort en personne ? Elle en douterait en temps normal, mais toute forme de raison a déjà été crucifié par les petites aiguilles. Si mesquine. Voilà qui lui déplaît fondamentalement.
    Son poignet nerveux, agité de tressautements incontrôlables, tente alors de se rapprocher de la chaussure, pour l’arracher de sa gorge. Mais elle s’empêtre. Et échoue vulgairement. Demeurant ce bout de viande –ou de bois ?, suspendu entre délire et mort. Ce qu’elle a ingurgité était, à coup sûr, assez violent.
    « Chacal… »

    Le râle se transforme en toussotement. Quand enfin, l’oxygène se faire trop rares dans ses bronches éreintée, la femme au scalpel fait un mouvement instinctif, apparemment inconsciente. Pantin, lutin, poupée maniée par des ficelles d’une nature assez étrange et inconnue.
    Ses ahanements se confondent dans une délicieuse harmonie avec les jappements de l’hyène. On ne sait ce qu’elle fiche là, cette boule de poil hagarde, inutile spectateur d’un grand manège. Cirque dans lequel finit par se produire l’inévitable. La charogne portant le matricule de Caughan s’immobilise, tandis que ses yeux finissent par parvenir à se concentrer sur un point. Un point ? C’est précisément le visage de l’agresseur que Bertille tente d’identifier au travers des épaisses couches brumeuses qui l’entourent. Mais les vapeurs nébuleuses s’entêtent, forment un obstacle de plus, qui alimentent la tempête vertigineuse dans son crâne. Une inspiration de plus lui suffit à faire circuler pour quelques secondes de plus le sang dans son corps empêtré de drogues diverses.
    Ce n’est pourtant pas son genre. Bertille Caughan est le leprechaun de la DS. La gardienne des lieux. Sobre en toute circonstance. La vierge noire de ces lieux damnés. Il faut qu’elle reconstitue les faits. Cependant, le moment semble si mal choisit. Aussi, elle renonce. Ses poumons oppressé lui dictent qu’elle a faim d’air frais. Et son cerveau gluant, cette masse visqueuse calcule qu’elle n’en a plus que pour une minute. Ce qui est fort probablement faux. Le virtuose marionnettiste gangrené ayant tendance à perdre … la tête.
    Alors que sagement, ses veines, ses nerfs, se débloquent, que tout ce petit monde reprend vie à une vitesse malgré tout si lente, la fille tente de les utiliser. Utiliser son corps pour canaliser son énergie. Canaliser son énergie pour lui sauter sur le râble. Lui sauter sur le râble pour lui arracher les cheveux, la peau, l’écorcher vif si nécessaire. Peu importe, FCollege n’est pas immédiatement sous la juridiction de la DS. Peu importe.
    Mais voici qu’elle pense. De travers, de surcroît.
    Comment venir à bout du géant, elle, petit monstre réduit à l’esclavage ? David, devant Goliath, possédait du moins toute sa cervelle. Tandis qu’elle, larvesque beauté n’est pas même en mesure de se remémorer les circonstances qui l’ont projeté dans ce scaphandre fétide.

    « Sale petit … C’est … Je … »

    Chacun de ces mots lui coutent des bouffées d’air dont elle ne dispose pas. Alors il faudra régler ça autrement. 1 minute, a dit le sergent en chef des fonctions vitales de Caughan. 1 minute, dont il ne devrait vaguement rester que la moitié.
    Dans cette lente agonie, Caughan voit le tortionnaire se délecter de son trépas. Pour être plus exact, le perçoit. Encore privé de cet intéressant sens qu’elle la vue, elle capte du moins –ou le croit. Un léger souffle, une sorte de brise létale enrobe son corps comme le fumet d’un délicieux plat. Le cauchemar de perpétue, semblant vouloir s’éterniser, se figer, scène héroïque et glorieuse où le héros achève la harpie. Tableau de guerre hypocrite. Mais à vrai dire, l’un valait-il mieux que l’autre ?
    L’image furtive de sa tête à elle, Bertille, trophée de salon, jaillit dans son crâne. Dans son salon à lui, songe t’elle. La supercherie s’éternise, tout comme le temps qui s’allonge, tout comme ces traînées qui ne cessent de s’étendre. Ses doigts frileux parviennent à reprendre du poil de la bête, mais ce n’est pas suffisant pour retourner la situation.
    L’étouffement commence à faire le vide dans sa cage thoracique, généreux éboueur de la mort.

    Elle a envie de vomir. Encore.
    C’est ce sentiment primaire qui la pousse soudain à arrêter de tenter de se débattre. Même si, depuis le début, son corps n’a jamais présenté la moindre menace. Caughan jette sa tête vers le mollet de l’agresseur. Elle sent la chaussure s’enfoncer dans sa trachée, l’aplatir, avec toutes les conséquences qu’elles véhiculent. Dans un hoquet, la bile remonte à ses babines pulpeuses, mais n’a nul temps de finir son chemin puis la fille mobilise la bouche et ses cros pour atteindre la cible.
    Quelle cible ?
    Il n’y a pas de cible. Pas d’espoir. Juste une étincelle de force brute et irrépressible. Avant même de mordre à pleine dent dans ce bifteck que représente son associé véreux, Bertille hurle de rage. Et à bien le temps de caser quelques injures, avalant entre chacune une bouffée d’air salvatrice et bénie. Sale viandard. Petit sac à merde.
    La libération se profile dans cet horizon vaporeux, quand, au-delà de sa respiration essoufflée, se mêle un craquement distinct dans sa colonne vertébrale, entre ses omoplates hérissées de froid. Et d’effroi, peut-être ? Son échine se hérisse, mais elle ne desserre pas les dents, quitte à toutes les laisser dans le mollet d’Aaron. Elle a le diable au corps, sage chien lobotomisé. A moitié décérébré. Dans un flou incolore. Eclairée par les seules lueurs de la démence.
    Elle grogne, secoue sa proie comme le ferait un bouledogue hargneux, acharné. Mais lâche, pendant quelques secondes le mollet. Secondes de répit qui lui suffise pour se jetter d’un élan fulgurant sur son daemon. Et tenter d’observer, à moitié aveugle, l’horizon dans lequel se découpe la silhouette floue.
    Afin de pouvoir le prévenir de l’attaquer de façon trop violente.
    Et après ? Après ? Ou est ce chacal ? Celui qui traîne sur ses talons, son ombre fantomatique, son âme ? Son daemon. Oui, exactement. Si Caughan ne parvient pas à vaincre Aaron lui-même, alors … Ô immoral subterfuge. Manigance. Ritournelle de la mort qui trottine dans ses veines.

    On raconte qu’il ne faut à aucun prix toucher le daemon d’autrui. Ahahahah oui. Elle le sait. En bave d’avance. Et cherche du regard la silhouette trapue du daemon, imaginant déjà la bestiole couiner sous ses mains, qui retrouvent leur mobilité. S’affranchissent du béton qui les retient.

    « Alors Wa-Wa-Waesberghe, tu-tu-tu … va bi-bien ? bégaye-t-elle. »

    C’est peut-être lui qui l’a empoisonnée. Elle ne sait plus. Plus encore. L’amnésie l’engourdit, dès qu’elle y songe. Mais il a toujours voulu être calife à la place du calife. Voilà pourquoi il a tant sa place dans le système de la DS. DS, constituée de la plus belle séléction de pourriture vénéneuse d’Oxford.
    Le mur est froid contre son dos. L’adrénaline reprend sa place dans la course fabuleuse du sang. L’instinct de combat s’active de nouveau et la machine à tuer se réveille. Certes pas aussi efficace. Mais du moins … alléchée.
    Elle retombe à genoux sur le carrelage. Mais ne perds pas des yeux ce gringalet de Waesberghe.

    « Ja-jamais … »

    Elle rit. La folle rit. Il lui semble alors s’apercevoir qu’elle a du sang dans la bouche. Du sang à lui ?
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Rabbits' adventures [PV : AARON]

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