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 Favorite Murderer [PV : Vitaly]

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Gretel Pinderschloss

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DATE DE PANDAISON : 08/06/2008

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MessageSujet: Favorite Murderer [PV : Vitaly]   Sam 27 Fév - 13:47

ISLANDS - THE XX

    Pom, pom ! Petite musique qui s’échappe de ses lèvres. La fille patine sur le sol nu et glacé, outrageusement couvert de flaques de liquides divers et variés. Tantôt, ce petit ramassis rouge, s’écaillant tout juste, que l’on pourrait apparenter à de l’hémoglobine qu’on vient juste de projeter là, tantôt plus vif. Et là, on se dit, avec incompréhension que ce pourrait tout à fait être là le jus d’une tomate. Bien saignante.
    Elle s’en lécherait les babines d’avance, la garce, si seulement elle avait vent de ces pensées. Fort heureusement, le commun des mortels ne s’aventure guère en ces lieux délabrés, et la conversation qui animait cette salle n’était jamais qu’une langoureuse symphonie de cris. Et de râles. Et de suffocations haletantes. Quoi que ce charmant ballet jamais ne la lassât, les compagnons de la créature n’avaient guère le temps d’échanger quelques mots avec la maîtresse des lieux. Du moins pas de méditations sur les tâches ou les objets qui jonchaient le sol. Conversation qui se limitait donc généralement à des hurlements, des borborygmes, et, dans la plus lente expiation compréhensible, des injures.
    Pom, pom ! La fillette s’empresse, dans un grand galop de cheval fou, ne sachant où aller, s’éclatant à gambader aux quatre coins de ses 10m². Avec lavabo, et un petit torchon. Puis un glace aussi, miroir brisé, dans un moment de rage, peut-être, et auquel il manquait déjà plus d’un morceau.
    Puis son pied léger tressaute et s’envole, fugace, belliqueux, mais ne rencontre que le vide et le silence. Elle nage et s’y abîme avec délectation, mais ce divin manège ne saurait durer. Alors, passée cette folle antichambre si pauvrement décorée, la fille décide, dans une impulsion maîtrisée jusqu’au bout des griffes, de guider ses menus pieds jusqu’en une autre pièce. Pièce beaucoup plus sombre, dans laquelle ses pupilles se dilatent avec une pointe d’agacement, fatigué de passer de l’explosive lumière des néons, à la fragile pénombre de l’endroit. Cette pièce, quelle est-elle ? Elle s’éternise et s’allonge éternellement, du moins lui semble t’il. Et, si ses yeux égarés ne pourraient lui fournir de quelconque renseignements, du moins ses narines s’imprègnent t’elles d’une savante décoction de moisi, latente, mais néanmoins bien présente. A ceci, s’ajoutant naturellement une pincée de … putréfaction ? Cela n’avait rien d’étrange, songeait patiemment la chirurgienne. Ce coin devait sans nul doute regorger de cadavre et de bête crevée, les unes le crâne fendu, d’autre, le cou inextricablement brisé par un piège à rat. Et le bout de fromage, lui aussi en décomposition, remplissait pourtant toujours aussi bien son rôle. Sanctuaire pour bête crevée, celui-là même où elles trouvaient enfin la paix de l’âme.
    Il faudrait pourtant bien que quelqu’un daigne foutre dans une poubelle quelconque ces ordures, que les rares individus qui passaient par là se contentaient de pousser du pied. Somme toute, ne restait qu’un large canal, qui craquait de temps à autre sous le pied. Et, de part et d’autre, on trouvait de temps à autre, quelque chose d’incongru. Et pas nécessairement très affriolant.
    Bizarrement, encore, ce spectacle invisible lui plaisait bien. Pourquoi ? Elle n’aurait su le dire ; ce devait être ce sang de chacal qui coulait dans ses veines. Et même sa bestiole énamourée aimait à s’écarter du sentier tracés sur le sol. Alors, quand elle traînant trop, petite charogne alléchée, auprès de ces malsains corps, la fille finissait par tirer sur le collier improvisé qu’elle lui avait confectionné. Un petit ruban de velours noir, au bout duquel pendait une sorte de relique, porte-bonheur enroulée dans une ficelle de cuivre, mais non-identifiable, puisque n’ayant aucune forme caractéristique.
    Pom, pom, pompom ! Qu’importait. Elle n’était pas venue ici dans le simple but de remuer les ordures qui s’amoncelaient devant son lieu du travail. Les abominables semelles plates traînent paresseusement, glissent, patinent, s’envolent puis retombent aussitôt, et dans un bruit de scission nonchalant, Bertille Caughan, le fantôme de ces lieux, s’en va et se dirige vers l’autre bout du couloir. Ce couloir qui séparait son précieux laboratoire, l’isolant, en faisant un petit ilot de lumière. Tandis que de l’autre côté, se trouvait un escalier. Qu’elle descendait, puis remontait, jour après jour, avec, chaque fois, au creux de son estomac, cette même boule d’excitation nerveuse. Pour enfin se retrouver au premier sous-sol de son bâtiment chéri. De la Dei Scola. Grande gloire lui soit rendue.
    Cependant, en levant ses yeux troubles elle aperçu un individu. Sa chair se hérissa d’un délicieux frisson merveilleusement grisant. Mais en tombant dans cet état second de semi-dégénérescence où les sentiments s’empilent dans un raffut satisfait, elle ne se rendit pas compte du léger sursaut de la bête au collier qui était la sienne. Réaction qui n’était finalement que trop compréhensible, la hyène s’en souvenait jusqu’au bout de ses poils pelé, jusqu’au dernier des nerfs qui irriguait sa patte claudicante. Vitaly Stas. Soit, le garçon qui finissait systématiquement son stock d’anesthésiant. Qui tentait systématiquement de l’étrangler, de lui sauter à la gorge. Et dont l’atroce compagne aux dents aigües lorgnait méchamment sa bête puante à elle. Une estimation rapide lui dicta que les poches de son short était vides. Et dans sa blouse bariolée, tout juste un scalpel, bon à rien contre la fureur d’un tel séraphin.

    « Visite de courtoisie, osa t’elle ? C’est pourtant rare que tu t’aventures dans mes quartiers de ton plein gré, non ? »

    Et c’était terriblement réciproque.
    Pourtant, elle rêvait de le traîner dans son petit labo à elle, et comme à chaque fois, avec une hystérie ravie, de le sangler sur un brancard bancal pour lui injecter des produits qu’elle combinait sans logique, parfois, les créant avec pour seul but, de leur trouver une utilité sur des cobayes parfois récalcitrants. Bien sûr, avant toute chose, elle était censée rabibocher ces aimables traqueurs. Hélas, cela tournant parfois au bricolage, intentionnel, bien sûr, surtout quand la fille se trouvait sans surveillance. Et il fallait bien admettre que traqueur n° IX était bien le plus sujet qui soit passé entre ses dextres pattes, parfait dans son incontrôlable folie sauvage.
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CIBLE FAVORITE : Jeune demoiselle en détresse.

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MessageSujet: Re: Favorite Murderer [PV : Vitaly]   Sam 27 Fév - 23:43

Avance petit ange, chancèle un instant, trébuche ensuite. Mais toujours continue ta route, aussi stupide et insensée soit t’elle. Dans son crâne ramolli, ça claque, ça crie et ça pétille. Délicieux mélange de démence sévèrement incontrôlée. Il ne s’en inquiète plus. D’ailleurs, il ne s’en ai jamais vraiment fait. La folie et la destruction sont pour le moins indispensables à sa logique magiquement bancale. C’est ce qui lui permet de garder les pieds sur terre. Ou serait-ce dans un univers parallèle ? Peu importe, le débat n’est pas là. Sourire aux lèvres, mains dans les poches et chapeau melon sur le haut du crâne. Le pull qu’il a enfilé est troué, les manches sont trop longues et le pantalon ballotte beaucoup trop autour de ses guibolles vigoureuses et abimées. Le sale chien galeux n’a pas fière allure, ni même une quelconque allure. Tantôt clochard, ou étrange aliéné que l’on fuit et dont on se force à ne pas croiser le regard fiévreux. Le teint blafard, les yeux fous. Il fait peur, il le sait, et ça le fait rire aux éclats. Les épaules tressautent, les membres désarticulés s’agitent sans élégance. Ramassis de déchets à lui seul, dont les poisons circulent librement dans les veines percées. Ses os grinceraient presque si l’on arrivait à tendre l’oreille. Avant de venir, il a bu. Un peu, ou peut être beaucoup trop. Malgré tout, ça n’a pas grande importance car son système à déjà presque effacé toute trace de la drogue. Ca n’a servie à rien. Juste à l’imprégner d’une odeur inquiétante et désagréable. La cigarette au bec, il pénètre dans le lieu de torture de son âme, en demande de souffrance. Rare sont les fois qu’il le fait sans que la force soit utilisée. On ne lui dit rien, alors qu’un panneau indique qu’il faut écraser toutes choses fumantes à l’entrée. Ahah, on essaye juste de ne pas se faire tuer, on dévie vaguement de sa route, on ne voudrait pas avoir affaire avec cette ordure vivante. La nerveuse créature, ou daemon comme on l’appelle plus vulgairement, le suit de près, et renifle de temps à autre les jambes qui la frôlent. Elle aimerait en mordre un bout, y gouter la chair tendre et molle. Lui, c’est un gout de fer qui prône dans sa bouche à la grimace effrayante. Il perçoit les battements de cœurs de chaque individu sur son chemin, et ce dit que leur arracher la gorge, la joue ou une partie du bras, serait un moyen comme un autre de planer à quinze milles lieux d’ici. Le sang, joyeux liquide rouge. On le boit comme un verre de jus pomme. Ca glisse dans la gorge, ça imbibe généreusement la langue, ça explose les derniers neurones actifs de son douloureux organisme.

Un, deux, trois, quatre… Les pas s’accumulent, les pupilles se rétractent, les nervures de tout son corps se mettent à durcir jusqu’à lui en faire mal. La mâchoire crisse, elle hurle presque au supplice. « Non » lui fait signe sa sage louve. Enfin… d’avantage cabot grisâtre que noble et majestueux animal que l’on peut voir dans les encyclopédies. Il est vrai, que même pour le monstre qu’il est, ce ne serait pas vraiment futé d’assouvir ici même ses fantasmes honteusement déviants. Siège de la Dei Scola. Bâtiment aux sombres recoins, dont il a pu déjà explorer les plus profondes entrailles où la puanteur des cadavres sème un grain de raison dans sa fragile existence. Le gosse se renferme sur lui-même, il courbe le dos et baisse la tête. Il écrase sa clope fumée jusqu'au filtre contre l'un des murs aseptisé, et la balance sans gène aucune à l'aveugle. En ces lieux de toute hypocrisie, personne n’ignore qui il est. Ou du moins, de quel genre de citoyen il s’agit. La petite bonne femme assise à l’accueil ne lui adresse pas la parole. Elle sait pertinemment que cela ne sert à rien. Et que de son côté, il ne daignera même pas emmètre un son, aussi imperceptible soit t‘il. Les cheveux parfaitement peignés, le tailleur fait sur mesure soulignant sa silhouette de moineau chétif. Le visage mutin et la coquetterie mise en avant. Ahah, qu’elle est amusante. Certainement tout en bas de la chaine alimentaire, le jeune dégénéré ne ferait qu’une bouchée d’elle si seulement on le lui permettait. Suivant le minuscule doigt de la rombière raffinée, le sol défile sous ses pieds. Il ne le quitte pas du regard, le marbre capte toute son attention. Ca brille et ça reflète sa silhouette. Depuis combien de temps n’a-t-il pas croisé son reflet ? Dure à dire. Il avait presque oublié à quoi il ressemblait. N’est t’il donc pas le plus beau, ce terrible gamin de la grande Mère supérieure ? Les cernes sous les yeux, les joues creusées et la tignasse emmêlée. Il en demeure pourtant un spécimen curieusement captivant. Les escaliers se dessinent devant lui, il en lorgne les marches et nonchalamment s’y enfonce sans plus réfléchir. C’est que le numéro IX les connait bien. Et sur tous les rythmes possibles. Au pas de course, ou alors calmement. Vacillant, ou encore rampant. Et parfois même, il n’en touche pas une seule paroi. On le soulève, on le ligote et c’est partie pour le plongeon superbe ! Les griffes du pouilleux canidé brise le silence en venant cliqueter avec une cadence toute maitrisée.

Soudain, ses tympans l’irritent au point qu’il grogne et bougonne ouvertement. Il connait bien les petites jambes qui s’agitent en sa direction. Il en a analysé les moindres variations. La mégère de son cœur, celle qui ne le laissera jamais vivre. Et qui toujours se forcera à lui pourrir l’existence. Celle la même dont il ne peut décemment plus se passer depuis sa plus tendre enfance, car bizarrement, elle est bien la seule à lui prouver qu’il est en vie. Certes, de manières plus ou moins controversées, mais elles ont toutes pour qualité, de fonctionner sur son être dangereusement gangréné ! La douce et aimable Bertille lui parle, et paraît ravie de le trouver ici. Mélange de crainte et d’excitation. Après s’être mâchouillé rigoureusement l’intérieure de la joue jusqu’à s’en arracher une fine pellicule, il ose répondre de sa voix basse et rocailleuse.

« On m’a dit que tu… Vous. » Vitaly Stas détourne les yeux et oscille. Sa figure se fige, les mains encore dans les poches se serrent, deviennent moites. Son ventre se contracte et finalement, il lui prend la sotte envie de déguerpir au plus vite. Son esprit disparaît, il s’est déjà enfuis. A l’inverse de son corps qui n’arrive plus à bouger, comme prisonnier de chaines issues de son imagination fertile. Sa bouche frémit, tremblote. Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi a-t-il eut la lâcheté d’obéir aux ordres qu’on lui avait transmit dans la mâtiné ? Ca n’a fait que réactiver le processus.
« C’est pour… J’ai reçu l’ordre de… » Il a oublié le pourquoi du comment. Le comment du motif. Ou bien le motif de la supercherie. Et si il la tué ? Et si… Il en terminé avec cette fascinante harpie ? La respiration se fait courte, il perd tous ses moyens. Voilà que la rage monte, ses joues s’enflamment. Et ça recommence. Les spasmes progressent dans son corps, doucement d’abord, et puis de plus en plus compliqués à restreindre. Ca le secouera bientôt si fort, qu’il en tombera à terre pitoyablement. Tentant d’aspirer l’oxygène infecte qui l’entoure.
« J’ai des problèmes depuis peu. Ca a commencé… J’ai… J’ai des pro… » Trop tard, il s’écroule. La louve s’esquive de justesse et montre les crocs, couine, perdue elle s’affolerait presque. Vitaly Stas, créature sur l’autoroute de la mort. Tout son organisme est hors de contrôle, embarqué dans des tressautements violent, dans des plaintes étouffées.
« On m’a… On m’a dit… venir… » Les idées ne parviennent même plus à se construire correctement dans son crâne embrumé.
« Bert… Berti… Aide. » Rares sont les fois où il regarde ainsi sa plus fervente tortionnaire. Son corps ne répond plus correctement, à la moindre angoisse ou incident, ça se détraque, ça gigote sans qu’il ne puisse rien faire. Alors il se dit que la vengeance pourra attendre. Qu’avant ça, la gentille salope lui viendra en aide. Quitte à l’égorger ensuite. Parce qu’elle, il ne peut pas la blairer. La voir en face de cette faiblesse ne fait qu’amplifier sa haine, ça lui fait manquer d’air. Il s’étouffe, les doigts fermement accrochés au rebord de la marche. La bête enragée observe furieuse celle qui aurait dû être sa proie. Vitaly Stas sert les dents pour ne plus vociférer car bientôt, il le sait, tout pourrait bien s’achever.

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MessageSujet: Re: Favorite Murderer [PV : Vitaly]   Dim 28 Fév - 14:03

    « Des problèmes depuis peu ... ou des problèmes depuis le début ? »

    La petite chirurgienne trépigne, et sa voix s’envole vers le aigu, se confondant à présent avec celle d’une crécelle émoustillée. Son visage d’ange bougon se peint d’une empreinte célestement innocente, et son sourcil droit s’arque en ce tic qui lui est si cher. Feinte surprise. Il est vrai, après tout, cette enfant-là est très facétieuse. C’est pourquoi elle monte quelque marche, avec une certaine prudence, néanmoins atténuée par un certain sentiment de barbarie compulsif, et, très délicatement d’abord, puis plus fermement ensuite, file un coup de pied. Puis le retire aussitôt, présentant que, peut-être, le jeune fou pourrait avoir l’idée de tordre ce bout de chair, tendu pour irriter un peu plus cette folie qui le démange. Un acte qui, tout compte fait, finirait par se révéler fâcheux pour lui. Et pour elle.
    Il y a cependant des ordres. Un protocole. Un règlement. Autant de savants petits décrets édictés comme loi pour les braves sauvages qu’ils sont. Or donc, quand un traqueur se pointe pour se faire rafistoler, il est de son devoir, a elle, la brunette éberluée, d’accomplir sa mission, et remettre à neuf la grande carcasse de machine à tuer. D’huiler les gons. Et d’ôter de cet angélique minois ce rictus inquiétant, pour les faire passer pour plus … normaux.
    Travail à la chaine. Certes, dénué, parfois de grand intérêt. Après tout, à quoi bon se plier aux règles ? Alors, il arrive, que, de temps à autre, une aiguille parte de travers, dans un oups efficace.
    Mais n’oublions pas que, dans ce cas, il s’agit du traqueur numéro IX.
    Et en temps que tel, disposant de nombreux « privilèges ».

    Bertille s’accroupit alors. Et ses genoux nus touchent le sol dans un claquement osseux. Le sol est froid, peut-être aurait-elle du se couvrit un peu plus ? Alors, ses doigts se dirigent le visage du traqueur, et très gentiment, semblent vouloir finir leur course dans les orbites de l’individu gisant sur ses terres. Mais finalement, sa main s’écrase sur son crâne, en une caresse forcée. Celle qu’on donnerait à un brave chien. Après tout, elle a tellement raison. Vitaly n’est qu’un chien, un animal rescapé d’une grande boucherie, une fois de plus, une fois de trop. Et la fille, avec un sourire machiavéliquement stupide, tapote encore le crâne du traqueur, avant de retirer sa patte. Accès de confiance, juge-t-elle. Mauvais signe.
    Après tout, c’est bien dans une configuration semblable que l’aimable personnage a manqué de la tuer. Et ils reviennent toujours l’un vers l’autre, dans un charmant appel suicidaire qui les pousse à se déchiqueter voracement. Comme si, en fin de compte, ils n’étaient là que pour divertir une auguste puissance, perchée au dessus de leurs têtes-blondes, s’amusant follement de ce spectacle.
    Pensive, à présent. Elle aimerait bien tordre le bras, casser le poignet, arracher un truc au séraphin abattu. Mais hélas. Y a-t-il seulement des ordres, se demande t’elle. Ou n’est-ce là qu’un savoureux prétexte pour tenter de lui sauter à la gorge. Elle jette un regard oblique à la louve, semblant soudainement s’apercevoir de sa présence. Katrina, de son nom, ou quelque chose dans ce goût. Son cerveau défoncé n’a pas de temps, ni de mémoire à accorder à de tels détails. Peut-être Katinka ? Quand tout d’un coup, son propre deamon s’en vient frotter sa tête galeuse et pelé contre le coude de son alter ego, sa si précieuse moitié. Ce à quoi répond un gargouillis impatienté. Mais l’indécision ne saurait planer bien longtemps sur ces deux êtres, finalement si prévisibles.

    « De toute façon, moi, je ne résous pas ça si je n’ai pas d’ordres directs. Tu peux toujours retourner d’où tu es venu, ce que je ne saurais d’ailleurs que te conseiller. Ton état n’a pas l’air d’être grave, tu sais. Ce sont juste … les premiers symptômes. Tu sais, tu es une bête, tout compte fait. »

    Ton très pédagogique.

    « Une bête, répète t’elle. Je suis sûre que si j’arrachais moi-même une patte à ton chienchien, ça ne te ferais rien. Finalement, tu en es un toi-même. Ce pourquoi je suis persuadée que tu n’éprouverais rien. Mais c’est interdit. Ils m’ont in-ter-dit d’essayer. In-ter-dit. »

    Ce mot martèle sa cervelle. Gicle en toutes directions et contraint son maigre sens moral à admettre cette idée. En vain. Un frisson d’excitation parcourt son échine à cette idée … savoureusement inédite. Bertille penche son visage mutin sur sa proie –ou peut-être est-ce l’inverse ? …, demeurant néanmoins suffisamment loin pour qu’un coup de dent malintentionné ne puisse l’atteindre.

    « Alors, supposant cela, est-ce que tu crois vraiment qu’il t’est impossible de surmonter une petite crise. Tu m’as bien fait voir pire, pas vrai ? »

    Ses yeux brillent, petites choses luisantes, malsaines. Il est vrai, l’énumération serait rocambolesque, alors à quoi bon perdre sa salive pour débiter des faits, qui, finalement, en tant que passés, n’existent que parce qu’ils possèdent un certain intérêt. Qu’ils maintiennent cette violence latente à son apogée. Puis un mot traverse son esprit, comme du courant électrique, fulgurant, et s’échappe de sa bouche sans qu’elle en ait conscience. « Interdit ! » Accompagné d’un petit rire cristallin. Alors, elle ne peut plus empêcher son bras de se déposer encore sur les cheveux de Vitaly, et, avec une tendresse agressive, de lisser son poil de sage chienchien. Elle n’attend pas la moindre réponse, finalement.
    Se complait dans cette situation fragile et déséquilibrée.

    « En revanche, si tu me laisse faire une petite expérience ... peut-être pourrais-je éventuellement subvenir à tes besoins. Quoique ... ce ne soit guère équitable, vis à vis de moi-même. »

    Sa lèvre inférieur semble vouloir chasser l'autre, conférant à la folle un rictus étrangement boudeur et capricieux. C'est ce qu'elle est, somme toute. Rien de plus. Peut-être moins que ça, gouilleuse filette à la gorge blanche.
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MessageSujet: Re: Favorite Murderer [PV : Vitaly]   Sam 13 Mar - 4:03

Ses oreilles bourdonnent, la mélodie fragile de cette voix tant appréciée faisant naître la plus parfaite démence dans sa cervelle éclatée. Vitaly suffoque, perd toute logique et déjà, des crocs percent outrageusement ses gencives. Ca lui laisse un gout de sang dans la bouche, ça ravie ses papilles et puis ça le rend complètement affolé. Tentant péniblement de ne pas mener à terme sa mutation trop précoce, un nouveau râle s’échappe d’entre ses dents serrées au possible. Son regard d’acier fixant la gorge nue de la gentille mégère, numéro IX en capte la moindre vibration. Ca lui donne une soudaine envie d’y fourrer sa bouche et d’y mordre rageusement. Mais il n’en ai rien. Les doigts crispés sur le rebord des marches, les spasmes de son organismes s’intensifient et de faibles bruits percutent violemment sa conscience. Le craquement des os, celui la même qui lui indique que rien ne serait stopper sa transformation si ce n’est une injection directe de verveine dans l’une de ses artères principales. Inspirant avec difficultés l’air aigre et trompeur du lieu, le jeune impertinent ferme les yeux pour réprimer son envie de carnage. Les sursauts de son organisme faisant échos au flot de parole que lui offre Bertille. Elle s’amuse, il en est sûre. Elle apparait ravie de la situation et s’en délecte avec trop de confiance. Les convulsions se rependent dans tous ses membres, ne lui laissant plus d’autre choix que d’écouter sans broncher ce que la petite brune a à lui confier. Le temps semble s’être immobiliser pour le laisser agonisant tel un chien sur le point de crever.

La sotte gamine lui caresse les cheveux, le rabaissant presque au statut d’un animal de compagnie que l’on s’évertue à cajoler. Le sourire sur les lèvres et l’allure faussement compréhensive, elle agit comme une mère aimante, ou une sainte sauveuse aux arrières pensées pour le moins inquiétantes. Elle lui pose des questions, et ne semble pas s’inquiéter de n’avoir aucune réponse. C’est que, vu d’ici, la sale gosse s’amuse comme une folle. Le monstre de son cœur n’étant pas dans ses meilleurs jours, il lui est complètement soumis et la supplie ouvertement. De quoi la faire jubiler pour encore longtemps. Tremblant de plus en plus violemment, il finit par trébucher et glisse de quelques marches en dessous. Ses os déjà fragiles se fissurent et se brisent. Les doigts de ses mains soudainement bien plus grands que la normale, et ses côtes faisant naître une cage thoracique bien plus large que précédemment. Elle lui propose un marché ? Se retrouvant en une fraction de seconde au plus proche d’elle, ses pupilles dilatées observant sans siller le doux visage de la macabre aliénée. Vitaly se met à gémir et force sa bouche a rester fermer. Les tremblements ont presque cessé, alors que ses yeux rougissent pour les rendre toujours plus effrayants.

« Maintenant… » Lâche t’il enfin avant de ne lui chopper haineusement le bras, le serrant sans vergogne afin qu’elle le regarde et prenne pleinement conscience de son état critique. A moitié muté en ce monstre délicieux de la Dei Scola, il secoue la frêle demoiselle. Sa respiration saccadée lui permettant de garder un rythme cardiaque précaire. Numéro IX espère naïvement pouvoir stopper sa dégénérescence entamée.

- «  Maintenant ! » Hurle t’il finalement, alors même que tous ses muscles se contractent et le font tressaillir à nouveau. Les contractions se font si fortes qu’il en lâche finalement le bras de la scientifique, certainement bien engourdi. Ce même mot qu’il répète est t’il l’accomplissement tant rêvé de la jolie Bertille ? Vraisemblablement, le marché est accepté par l’intéressé si cela peut lui éviter de se détériorer complètement. Alors même que ses membres raides s’agitent à la façon d’un pantin que l’on balade au bout des ficelles tendus, son crâne finit par claquer une première fois le rebord de la marche derrière lui. Puis aussitôt une seconde fois, et une troisième. Les yeux révulsés et la bouche semi ouverte, le torse se bombant et se courbant au rythme endiablé de sa terrible danse. Le liquide rouge apparaît enfin, et s’écoule par une ouverture faite dans le haut de la nuque du bel adonis. L’odeur ferrailleuse de l’essence de vie réanime ses sens, il revient à lui en ouvrant la bouche comme étouffant. Ses mains cherchant quelque chose ou quelqu’un à qui se raccrocher, ses bras dressés se baladent dans le vide. La louve grise quand à elle, recroquevillée dans un coin gémie et grogne, isolée elle s’est effacée. Disparaissant presque de la scène douloureuse à laquelle elle reste soumise.

Le jeune homme se redressant, ses mains se posent et glissent dans la petite flaque de sang. Basculant tout son corps vers l’avant, Vitaly se vautre sur les dalles froides, suffoquant. Poussant au passage sa vertueuse et obéissante tortionnaire. Les jambes flageolantes et les bras mal assuré, il fonce tête la première dans le long couloir. Trébuchant à chaque nouveau pas, il avance pourtant à une vitesse affligeante. Quelques secondes à peine suffisent à lui faire traverser le lieu. Ne portant pas la moindre attention à celle qu'il avait supplié plus tôt, il enfonce la porte blanche pourvue d’une vitre. Derrière, les traces d’hémoglobine se dessinent avec virtuosité. Un œuvre presque digne des grands maîtres de l'époque. La pièce dans laquelle il s’invite ne lui est pas étrangère. «  maintenant. Maintenant. Maintenant. Maintenant… » Le clown ensanglanté répète ce mot comme si, il avait totalement sombré. La vision brouillé et les gestes désorientés, il s’affale sur une longue table de métal servant aux examens des corps. Du verre se brise sur son passage, des cliquetis et des fracas aux sons variés transpercent l’atmosphère paisible de l‘instant. Une odeur de mort plane autour de sa tête aux cheveux ébouriffés par des caresses vénéneuses. Le traqueur cherche. Remuant sur sa route tout ce qui lui passe sous les doigts. Scalpel en main, il enfonce l’outil dans sa chaire encore et encore. Il ne veut pas se transformer, il ne veut pas disparaître ou se noyer. Délire complet, paranoïa parfaite. Ses neurones ne se connectent plus correctement, sa logique est partie en courant et le voilà submergé de visions d’horreurs face auxquelles il lui est dorénavant impossible de lutter. Aveugle, il finit par se vautrer une dernière fois sur le sol. Le teint livide et les membres inertes, ses bras, ses poignets, sa nuque ou même sa gorge laissant le sang joyeusement s’écouler de toutes ouvertures. Les tremblements ont disparu, de rares vibrations issues des nerfs contrariés apparaissent imperceptiblement. Concentré sur le plafond «  je ne suis pas… Je ne suis… Pas. » La bouche remplie de la substance pourpre, il n‘arrive pas à avaler et tousse pour mieux s‘étrangler. Il est un légume bien conscient. Un monstre pendu dans le vide.

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Gretel Pinderschloss

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MENSONGES : 203
DATE DE PANDAISON : 08/06/2008

CHECK RABBIT
GENRE: Humain imperméable
GENERATION: NIVEAU B - nuisible
DANGEROSITE EVALUEE A:
95/100  (95/100)
MessageSujet: Re: Favorite Murderer [PV : Vitaly]   Ven 19 Mar - 21:35

    Elle s’en pose des questions. En massant son bras légèrement contusionné. Où une boursoufflure rouge vient marbrer sa peau. Mais qu’importe.
    Le petit poucet suit les traces, petites miettes d’une nature bien différente de celle du pain. Qu’importe. Elles se sont éclatées contre le sol, et épousent désormais jusqu’au rainures du sol. Elle est malade. Oh, oui bien sûr. Une sensation d’intérêt scalpe sa chair blême, rampe délicieusement le long de son échine d’albâtre. Et tant de frissons finissent par se confondre en un seul. Marche après marche, le pantin dei scholaien laisse ses pas la guider vers ce chemin inverse, et il lui semble sombrer dans une prodigieuse et fantastique nouvelle aventure, dans laquelle, une fois de plus, rien n’a de sens. Oui, car, cette fois-ci, la voici, elle, pourchassant le monstre qui s’est réfugié dans sa tanière. Pour s’assurer que ses sens ne la trompent pas, la guillerette fille jauge sa montre, qui, hélas, ne saurait lui fournir d’indicateur fiable dans cette appétissante tourmente. Mais les aiguilles sont obstinément fixes, elles ne bougent plus, et rien sur ce triste cadran n’indique une vie, et le monde, enfin, achève de tombe dans cette atmosphère de délire psychédélique. Car oui, maintenant qu’elle est au pied de ses escaliers majestueusement méprisant, elle sent ses trippes remonter aux bords de ses lèvres. Elle claque des dents, dans le vide, et chasse ce goût amer, sobrement indigeste, de sa bouche.
    Ce tandis que Coal trépigne, au point d’en impatienter sa maîtresse. Elle ne sait ce qui se passe, qui puisse angoisser à ce point l’affreux « rat » pelé. Mais, décidément, elle sent la rage gargouiller dans son ventre, pétiller contre ses joues, telle une décharge d’électricité, qui traverse son corps, mais finit par s’accumuler dans un certain endroit. Canalisant son énergie pour chatouiller sa cervelle. Embrouiller le peu de raison qui reste encore. Pour que finalement Caughan bascule pour de bon dans ce délire. Qu’elle ne perde pas une miette du feu d’artifice de couleurs, de sons, d’idées, tout cela simplement en restant étrangère au spectacle. Intolérable dissidence. Peu importe que le cadran doré, cet ornement si inutile, n’affiche jamais que l’heure de sa mort. Il faut juste qu’elle redevienne la fi-fille du laboratoire.

    La main du spectre mute. Semble devenir celle d’une harpie, toutes griffes dehors. Puis celle d’une chimère, tout compte fait, lorsque les veines finissent par jaillir, d’un bleu joyeusement terne, sous sa peau visiblement trop fine. Alors la créature finit par tirer, secouer la poignée ardemment, et enfin, la porte s’ouvre, béante, éventrée. Et, une fois qu’elle aura fait quelque pas, elle pourra entendre ce cliquetis peu rassurant du clapier qui se referme automatiquement. Qui ne s’ouvre que de l’extérieur, du moins, sans clefs. Et les clefs, elle peut les sentir ballotées dans la poche de son short. Clic. La chansonnette revient dans sa tête, sitôt qu’elle sent les ténèbres affectueuse fêter son retour, dans cette ambiance funèbre, où sont conviées bêtes crevées, chimères, monstres. Cadavres ambulants, hystériques pantins disloqués, bouts de viande, chair à canon. Autant d’inavouables choses, somme toute. D’où l’intérêt stratégique de l’endroit. Dieu ne poserait jamais ses augustes yeux
    Pom, pom. Il est pris au piège, ce lapin. Un de plus. Mais n’en soyons pas encore si sûrs. Ce spécimen n’est pas n’importe lequel. Il n’est pas l’une de ces anguleuses créatures, toutes juste bonnes à se glisser entre les parois d’un bocal baveux. Derrière une étagère. Non. Il s’agit de bien plus. Pom, pom. Elle ne s’en aperçoit pas, elle trottine allègrement. Avec dans son esprits, une voix qui lui glisse des suggestions noircies de sang. Et ce grand tableau s’anime même d’une certaine émotion pétaradante de folie. Ce qui ne saurait qu’achever de lui suggérer le meilleur. Docteur Caughan visionne enfin le spécimen à capturer. Il faudrait le garrotter, l’installer sur une planche.

    Mais là, envers et contre tout, il se mutile, s’arrache, dément, les quelques filets de misérable vie qui pendouillent encore, parasites, à son corps loqueteux. Tout engourdi, apparemment, il gît à même le sol. Ce pourquoi Caughan s’approche sans crainte. Sans même s’agenouiller, courbe son dos, tend sa main, qui semble suspendue, telle une épée de damoclès, impassible juge devant le tribunal de la volonté d’une certaine Bertille. Cette main veinée qui descend impassible jusqu’à se saisir du manche du scalpel, puis remontant, dans un mouvement si parfaitement constant, purement rectiligne jusqu’à ce que d’un mouvement du poignet, Caughan présente à ses petits yeux de rapace, l’objet souillé de sang pourpre. Elle l’approche de ses narines, qui, avides, s’empiffrent sans faim de ce parfum. Si près qu’elle finirait par loucher. Mais enfin le scalpel descend verticalement, et, presque amoureusement, goûte ce met recherché. Furtivement, la fille retire pourtant sa langue du métal qui se découvre maintenant sous ses cros. On pourrait considérer que c’est une manière d’identifier ce qui se trouve à sa portée. De la façon la plus primaire. La plus animale. Par les cinq sens. Pas par un quelconque organe de communication.
    Pom, pom. Telle une sonnette d’alarme qui vrombit dans sa boîte crânienne. Aussitôt, Bertille se redresse, ôte la chose de ses lèvres, qui accompagnent le mouvement de l’objet. Epousent sa forme jusqu’au bout. Ce n’est pourtant qu’un avant-goût, un amuse-gueule apéritif pour des préparations bien plus importantes. Un divertissement. Elle laisse tomber le scalpel, et suit attentivement sa chute. Le scalpel s’écrase, parfaitement docile, sur le sol, dans un cliquetis. Un de plus. Pourtant, encore imprégné de sang, il expulse des gouttelettes de l’hémoglobine du traqueurs n°IX qui jaillissent alors sur les précieuses ballerines de la fille. Qui s’en irrite. Impatientée, elle projette alors son pied sur le premier bout de tissu susceptible d’effacer la trace carmin sur le pied de la donzelle. Ce gage de sang. Et que rencontre-t-il ? Elle sent son pied s’enfoncer dans les côtelettes de Vitaly. Mais n’en n’a cure. Elle frotte son peton. Et, enfin satisfaite, pense à ce bout de viande, qui l’attend. Et, qu’en bonne bouchère consciencieuse, elle ne saurait faire attendre plus longtemps, de peur que des mouches, appâtée cette fois-ci par le vinaigre, ne ramènent leur odieuse haleine. Son corps caoutchouteux se déplace alors vers l’armoire à pharmacie, celle-ci même qui recèle une vitrine de superbes joyaux. De mortels joyaux. Elle ouvre la petite porte, fait coulisser la vitre de protection, et enfin, dressée sur la pointe des pieds, choppe deux fioles. Se retournant, puis se projetant à l’autre bout de la salle pour attraper une seringue.

    Puis, enfin, au terme de son court périple, elle en revient au cœur de la salle. Pom, pom. Peut-être est-ce également le bruit de son cœur ?
    Elle s’agenouille. D’une main, se saisit des deux fioles, tandis que de l’autre, elle tapote doucereusement la joue brûlante du condamné. Au moins, il n’est pas encore crevé. Voilà qui ne l’étonne guère. Oh, bien sûr, s’il s’agissait là d’un individu normal –encore que ce mot soit déplacé au sein même de la dei scola-, alors, oui, la bête lui aurait déjà sauté au cou pour l’étrangler. Ce que, soit dit en passant, l’individu avait tout loisir de faire. Ce cou blême de séraphin. Baigné de la marque même de l’ « innocence ».
    Ses yeux sont braqués vers le cobaye quand un jappement arrive à ses oreilles.
    « Saloperie », songe-t-elle à l’encontre de l’hyène.

    « Allez mon cœur, fait un petit effort pour moi. Je te propose un jeu. Dans une fiole, de quoi stopper la mutation, dans l’autre, de quoi l’accélérer, quoi que tu y fasses. Accélérer … Tu n’as pas idée de l’intérêt que représente ta mutation pour moi … Alors … Oui … Tu sais … »

    Elle ne sait pas trop où elle en est. Arrêtes soudainement de donner des claques à cet intervalle répété de 5 secondes.

    « Je n’ai guère envie que tu reprenne ta forme initiale… Tu es … beaucoup … beaucoup … plus aimable en vilain monstre … Je t’injecte donc la fiole que tu … choisis. »

    Ses deux grands yeux émerveillés guettent le moindre mouvement. En espérant que cette fois-ci, il se montre plus coopératif. Coopératif, le grand mot d’ordre de l’industrie du chaos. Ah, ah.
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Favorite Murderer [PV : Vitaly]

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