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 Bertille - what about coming with me in wonderland

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ADMINISTRATEUR
Gretel Pinderschloss

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MENSONGES : 203
DATE DE PANDAISON : 08/06/2008

CHECK RABBIT
GENRE: Humain imperméable
GENERATION: NIVEAU B - nuisible
DANGEROSITE EVALUEE A:
95/100  (95/100)
MessageSujet: Bertille - what about coming with me in wonderland   Dim 20 Déc - 14:09

Spoiler:
 

B E R T I L L E . J U L I A . C A U G H A N

" Ils disent : "Elle est raide dingue." Ils sont loin du compte. Hihihihihi ! Quel manque de rigueur. Pour connaître la vérité, il faudrait m'étudier. Hélas, je suis proche de la date d'expiration. Avariée. Et quand le lait tourne ... "


"La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d'en souffrir."
FLAUBERT





    PRENOM(S): Bertille Julia
    NOM: Caughan
    ÂGE : 20 ans
    ORIGINE : Irlandaise
    JOB : Chirurgienne à la botte de la milice
    GROUPE :
    DAEMON : Hyène, infecte bestiole, feulant, griffant, qu'on rêverait d'écorcher vive pour s'en faire une belle peau. En même temps, ça se comprends, les hyènes, ces charognes, sont vicieuses, sournoises, teigneuses. La bête a cependant les quenottes bien solidement accrochées, et n'hésite jamais à s'en servir. De toute manière, c'est vrai, il a la tête de l'emploi, ça se sent. Ca crève les yeux. Cependant, après une confrontation quelque peu ... rude ? avec un congénère doté du doux nom de Katinka, la chose en a pris pour son grave, s'étant à moitié fait arraché la patte antérieure gauche. Tandis que sa maîtresse a écopé d'un scalpel au travers du gosillon, planté là par un fou du nom de Vitaly.
    Réponds au nom de Coal.

One day, I have a sad dream.




    Je n’ai pas une enfance heureuse. Non, vraiment pas. Je ne m’en plains pas. Ohh, mais peut-être que ça vous touche vous ; je devrais sans nul doute m’excuser de mon détâchement, la bienséance le voudrait. Sinon, ça s’appelle, violence gratuite. C’est malsain. Beurk ! J’adoooorrre.

    [4 ANS]
    « Bon, tu me les passe, ces exercices ? »
    « J’ai pas envie, bougonna Alicel »
    « Parce que je t’ai demandé si tu en avais envie, abrutie ? »

    Troy fit glisser après un instant son petit cahier vers le bord de la table. Non, ce n’était pas une erreur. Alicel Julia Caughan perdant doucement pied dans cet infernal chaos où elle se trouvait. Elle ne voulait pas, non, et pourtant, cédait, faute de mieux. Que pouvait-elle faire ? Se mettre à hurler, vociférant comme un veau. Ou peut-être se ruer sur « Jerry », son camarade, voisin de table auquel elle était contraint de délivrer toutes ses réponses.
    Elle détestait « Jerry ». Le gros Jerry. Gras, suant, suintant sa crasse lessivée de stupidité. Qui recopiait maladroitement ce que la petite Alicel avait impeccablement marqué, de son élégante écriture courbée.
    Ledit élève s’empara du cahier et griffonna à la cancre quelques résultats avant de redonner à sa voisine, un peu trop intello à son goût, ses notes. Alicel était le plus petit de la classe. ON ne l’aimait pas, parce qu’elle avait des lunettes, et qu’elle avait peur de salir ses adorables souliers vernis soigneusement par sa gouvernante dans les flaques de la cour. Elle se balançait souplement sur sa chaise, heureux de retrouver enfin son cahier, quand la sonnerie retentit. Jerry fit largement grincer sa chaise et courut vers la porte de la sortie, tandis que l’enfant au profil d’ange primitif restait campé sur son trône, les jambes ballantes, seule, comme toujours. La maîtresse lui offrit un regard indulgent, sans plus ; après tout, ce n’était pas là son travail. Elle appréciait la délicate enfant pour ses bonnes notes, mais comprenant parfaitement les élèves qui se massaient vers le couloir sans chercher Alicel dans leur petit clan. Elle n’était pas amusant, et réfléchissait trop.
    En plus, elle était plus jeune que les autres ...
    La pire des différences. Une tare, tout simplement
    Alors, l’enfant tira de son cartable un livre qu’elle déposa sur le plateau de sa table, et l’ouvrit, déposant précautionneusement son marque page à côté des feuillets. Un ancien livre, dont elle tournait sagement les pages, dévorant ce bouquin fripé. Son seul ami. Qui avait au moins le mérite de lui être fidèle. Mais qui ne parvenait néanmoins pas à combler le vide qui la torturait viscéralement. Elle avait peur de s’avancer vers les autres, pour leur demander d’aller jouer avec eux. Mais, maintenant, elle avait presque envie d’aller avec Gros Jerry, le « redoublaaannnttt », ainsi que l’appelaient les élèves de la classe, soulignant le mot comme s’il était porteur d’une marque proscription.
    Sa mère le lui avait bien rappelé. « Tu ne traînes pas avec les cancres, mon cœur. Fais bien attention à toi, surtout. » Ajoutant à cette mise en garde un petit goûter et un baiser chaleureux sur son front séraphin.

    Après tout, Gros Jerry était sans doute la seule personne qui lui parlait, en classe. Alicel lâcha son livre des yeux, un instant, et regarda la maîtresse qui effaçait le tableau, à grands coups de brosse. Une fois à la verticale. Puis à l’horizontale. Délivrant cet écran vert de toute sa poussière blanchâtre.
    C’était décidé.
    Elle irait blablater avec Gros Jerry. Peut-être qu’il n’était pas si méchant que sa pancarte redoublant le suggérait ?

    ***

    Après-midi. Chaleur écrasante, oppressante, combinée à un joyeux nuage papillonnant de poussière de craie. Alicel se rongeant les sangs. Jusqu’à ce qu’enfin, au bout d’un temps interminable, la sonnerie retentisse. Alors, pour la première fois depuis … des jours ? ou étaient-ce des mois ? Alicel se précipita à la suite de son encombrant camarade, lui tirant la manche, offrant ses superbes yeux implorants pour toute excuse.

    « Je peux aller jouer avec toi, s’il te plaît Jerry ? »

    Elle revit sa mère, ce matin-là, lisser ses cheveux rebelles, gentiment, les aplatissant de la main douce et aimante. « Voilà, c’est parfait comme ça. Tu es la plus belle mon chou. » Puis un petit coup de peigne, de nouveau, sur le côté, ratissant ses mèches d’un blond cendré à la limite du brun.
    Mais le regard apaisant de sa mère s’effaça, et celui du Gros Jerry se superposa à la place, monstrueux, effrayant. Il sembla à Alicel qu’il souriait, mais elle ne parvenait pas à en être sûr. En vérité, il s’agissait là d’un de ses autres problèmes. Alicel ne parvenait pas à déchiffrer les expressions faciales des gens. Sauf avec sa mère. Elle souriait tout le temps, de son adorable petite bouche en cœur. Rouge comme une cerise mûre.

    « Oui. Si tu veux. »

    Gros Jerry allait rejoindre ses copains, plantés derrière l’escalier de secours.

    « Oh, t’as ramené ta petite bourg’, Jerry ? »

    Qu’est ce que c’est un bourg’ ?
    Curieusement, Gros Jerry et les autres se mirent à rire à gorge déployée lorsque son gardien annonça que Alicel voulait jouer avec eux. Elle avait dit quelque chose de mal ? L’enfant sentit une indéfinissable angoisse adhérer à ses veines, frémissant le long de ses neurones, fébrilement.

    « Tu veux apprendre à boire l’eau des chiottes ? »
    « Des chiottes ? »
    « Ouais, des toilettes, quoi … »
    « Ohhhh, ça se boit ? »
    « Ouais. »

    Non, elle n’avait pas envie.
    Et en même temps, non, elle ne voulait pas perdre ses nouveaux amis ?

    « Ouais, articula t’elle en imitant ces derniers. »
    « Super. Ramène ta pomme, alors. »

    Mais, sitôt qu’elle se vit devant cette cuvette atrocement blanche, elle se mit à baigner dans un jus cauchemardesque. Elle voulu se retourner vers ses bourreaux, comprenant brutalement l’odieuse supercherie dont elle était victime. Mais la seule chose qu’elle sentit, fut une main épaisse empoignant sa nuque fraîche et fragile. Remontant dans ses cheveux comme une tarentule innommable, rampant avec ferveur pour délivrer enfin son mortel baiser. Puis le contact de l’eau.
    Qu’elle sentait insalubre.
    Etouffant, progressivement.
    Jusqu’à, par réflexe, se mettre à essayer d’inspirer … cette même eau qui brouillait sa vue.

    Mais bon, finalement, ce n’est pas si grave... J’aurais pu plus mal tomber. C’était juste tout à fait répugnant, pas de quoi s’alarmer sur la violence d’une crapule de plus ou de moins. Je pense qu’ils étaient juste sadiques avant l’heure.
    J’aurais pu tomber sur pire ! Un père alcoolique, qui m’aurait frappé, une mère démente. Alors que là, non, vraiment, c’étaient des gens charmants, tout à fait civilisés. Même si … Je dois bien l’avouer, je crois qu’ils avaient un léger faible, inavouable, pour mon frère. Mon cadet. Ce con. Je ne saurais plus vous dire à quoi il ressemblait, sans doute à moi, puisque nous étions théoriquement parents.
    De toute façon, il ne m’aimait pas, je ne l’aimais pas, et tout le monde s’en tirait à bon compte. Oh, et puis, si vous n’avez que cela à faire … jugez moi. « Asociale, sans nul doute ; et carrément dégénérée. Ne pas aimer son propre frère … Pensez donc à quel point cette fille devait être amochée. » Non mais. Rira bien qui rira le dernier.



    Un parc. Vert. Ombragé de tilleul feuillus qui portaient leur silhouette massive jusqu’au ciel, tels de petites graines magiques, passerelles vers l’infini et l’au-delà, propice au rêve. Alicel, un bâton entre les pattes, le remuait pour tracer des cercles dans les cailloux, gratouillant les pierres frétillantes qui refusaient pourtant parfois obstinément de remuer. La chaleur faisait grésiller son front blanc de fragile porcelaine, et malgré tout, l’enfant s’acharnait, maintenant abandonnant son bâton pour ne plus se fier qu’à ses doigts frémissants. Qui s’enfonçaient dans la terre, cette même terre qui encrassait ses ongles. Et qui parfois présentait une certaine résistance.
    Creusant la ligne, pour que chacun voie son joli cercle. Toujours plus profond, s’agenouillant pour arracher plus vivement des mottes de terre, des carrés de cet impeccable de gazon qui irritait son œil et sa cervelle visqueuse. Mais non, après tout, tout le monde Le regardait, tout le monde Le voyait. Il était le centre de toute chose, le cœur de l’attention de l’énergie de père et mère. Désastreux, il apprenait tout juste à marcher, et son minois éclaté dans une radieuse mimique de joie rencontrait celui de ses géniteurs.
    Alicel tourna la tête. Ils ne valaient pas grand’chose. Alors pourquoi était-elle jalouse de ce bambin qui galopait sur l’herbe et les cailloux, difficilement, mais certainement. Et hop ! Un pas de plus dans ce grand monde, et il éclatait de rire, sous l’œil attendrit des parents.
    Enfin, quand l’enfant détourna la tête de ce sublime spectacle de la parfaite famille –dont elle était pourtant exclue-, elle vit un autre visage. Gentil. Doux. Aux traits légèrement tirés et crispés, dans un sourire qui lui semblait légèrement forcé, mais peu important, tant que c’était un sourire.
    La femme, plantée sur talons aiguilles, jugeait l’enfant de toute sa titanesque hauteur. Menaçante … ou protectrice ? Bien habillée. Comme Mère. Un tailleur noir, rigide, strict, une voluptueuse chevelure corsetée par un chignon-banane. L’œil vif, la bouche en cœur, amoureusement tendue vers l’enfant, prête à la gober.
    « Il ne faut pas abimer la pelouse, mon cœur, c’est très vilain, tu sais. »
    N’obtenant aucune réponse de la petite. Elle devait la considérer comme une attardée, avec ses grands yeux, grands ouverts, ronds comme des billes. Dévorant la jolie madame du regard, impunément.
    Elle a une tête de figue, songeait Alicel. Miam.
    Ca doit être une pauvre dégénéré, songeait la lady. Parfait.
    « Tu veux une sucette, mon chou ? »
    « Mes parents m’ont dit de ne jamais accepter les bombons que les gens m’offraient. Ils pourraient me vouloir du mal, et peut-être même … me kid-na-per ! »
    Cela disant, l’enfant ouvrait les yeux, toujours plus.
    « Mais, vous savez madame, je pense que ça ne pose plus vraiment de problème à maman et papa. Alors, si vous voulez, je viens avec vous. »
    Peut-être qu’ainsi, ils tourneraient la tête, et lui courraient après. Tendant leur bras vers la fillette chérie qu’ils avaient, dans leur folie inconsciente, délaissée. Mais n’était-ce pas plutôt Alicel, la folle, dans toute cette histoire ? Ce grand manège virevoltant en trombe.
    Froncement de sourcil. Comme pour se donner le temps de réfléchir à une si alléchante proposition.

    Pourtant ils n’ont pas tourné la tête. Je l’ai appris plus tard. De quoi donc ? La vérité. Et ne comptes pas sur moi pour te la raconter. Je ne m’en souviens plus ; il faut croire que c’était tellement banal, tellement ordinaire, tellement dépourvu d’intérêt et de sens que ma mémoire gavée à la morphine n’a pas jugé bon de retenir ce détail. Ce n’était pas bien glorieux est le seul résumé nécessaire. Or donc je me souviens néanmoins de la voiture qui m’a embarqué. Une Aston Martin grise, siège en bac, assez peu confortable à mon goût. Mais la carrosserie excusait tout. Sans une seule éraflure.
    Il me semblait bien que nous avions la même à la maison.
    Mais à cette époque, tout était si flou, si vague. Pourtant, parfois, il y a bien encore un peu de curiosité qui s’éveille dans mon petit cœur ; preuve que je suis une expérience qui n’a pas si bien tourné qu’Ils ne se plaisent à le dire. Oh, bien sûr, je ne le leur dit pas. J’ai encore toute ma tête.
    Ou pas ?
    C’est amusant, je ne me rappelle pas du visage de mes parents. Pour ainsi dire mes souvenirs ne sont précis qu’à partir du moment de ma troisième naissance. Entendez par là, non pas ma naissance officielle, où j’ai été bénie par un curé paresseux, ni non plus celle où j’ai quitté ma famille. Mais plutôt celle où j’ai été classée, sur un bout de papier, dans la section archive, en tant que numéro XV.


    Mais elle n'en n’était pas encore là.

    [13 ANS]
    Cette fille n’apprendrait jamais rien, d'après les scientifiques. C’était une perdante, l’un de celle qui était condamnée à devenir une ordure, un misérable tâcheron dont il faudrait se débarrasser au plus vite si elle ne s’améliorait pas. On l’embarquerait dans une fourgonnette miteuse, escortée par quelque bienveillant ange gardien qui la « libérerait ». Et lorsque l’enfant, encore tout en confiance, se metterrais à gambader sur ses guibolles flageolante, l’escorte aurait permission d’ouvrir de feu. Enfin. Du moment que le cadavre finissait de se décomposer dans la boue, sur les berges d’une rivière, ou quelque autre endroit peu engageant, et que l’on n’imputait pas ce crime à la Dei Scola, peu importait.

    Alicel Caughan, 13 ans. Un daemon toujours mal assuré, une fillette maigrichonne, refusant de se goinfrer de la nourriture que lui offrait le centre. Rechignant à avaler un quelconque poison qu’on aurait pu sournoisement glisser dans son verre de lait. Ses papillonnantes pupilles grandes ouvertes face à l’horreur de sa situation, de peur qu’un élève ne vienne la frapper, demeurant en retrait. Se cachant tout le jour dans un recoin sombre. Placard à balai, self, chambre. Alors pourquoi la DS l’avait-elle gardée, je vous le demande ?
    La réponse était la suivante : La poupée trouvait toujours le moyen de bricoler une serrure pour trouver un endroit où se lover. Et finalement s’endormir, car là était sa principale activité. Elle piquait régulièrement fourchette, couteau, tout ce qui pouvait tenir, à son humble avis, en respect un élève un peu trop barbare à son goût.
    Mais à côté de cela, Alicel était une désolante cancre. Elle ne frappait qu’en ultime recours, pour défendre sa vie, et rentrait systématiquement en claudiquant au dortoir.

    Le pire ? 13 ans passé, et son deamon était toujours une boule de poil terrifiée, au creux de son cou, se changeant pour permettre à son humaine de pouvoir dormir plus confortablement, ou pour lui tenir chaud. Incapable de se défendre.
    Et ne semblait pas vouloir prendre de forme définitive. Une faible, une perdante.

    [14 ANS]
    Mais voilà que son anguleux et frêle corps se déplace dans les couloirs du Filigan College. Sur la pointe de ses pieds nus, la créature d’un mètre 50, petite chose rabougrie et terne se hisse jusqu’à une porte, et tourne frénétiquement le loquet. Et vain. Il refuse de tourner. Alors elle se remet à courir vers la porte la plus proche qui elle aussi est verrouillée. Un bruit survient, celui d’un pas feutré qui s’élance et galope sur les dalles glacées. La rousse essayant d’ouvrir la porte, son visage inondé de larmes fraîches, tout tordu d’un rictus de terreur brute.
    Tout au fond du couloir, elle l’aperçut. David contre Goliath. Sauf que David n’était cette fois ci qu’une poule mouillée et tremblante, décampant à toute allure pour trouver une minuscule enclave où elle puisse échapper à l’ire de l’élève.
    Paniquée, la fillette s’enfonce alors, en ultime recours dans le premier coin qui se présente. Alors que des dizaines de paires d’yeux se braquent sur elle, celles de ses cothurnes, de ses frères, de ses sœurs. De ces dégénérés, ces brutes, buvant les paroles de leur maître qui leur enseigne sagement les rudiments de la torture.
    Balbutiant des mots dénués de sens. Trébuchant pour retourner en arrière. Ne faisant que s’enfoncer plus terriblement dans cet enfer. Tombant, puis se rattrapant à une chaise. Se hissant de nouveau sur ses pattes désespérément hérissées de frayeur. Se retournant, dérapant sur les pavés immaculés, d’une propreté si nette, si aseptisée qu’elle en semblait irréelle. Là où Alicel se mettait à imaginer pataugeant dans des flaques rouges. Du sang. Son sang ?
    Et finalement elle s’effondrait au pied de son poursuivant, ayant pour dernière sensation celle de la truffe humide de son daemon, plaqué contre son cœur.

    Lorsqu’elle se réveillerait, l’enfant serait attachée, sanglée sur une chaise la nuque endolorie. Des cris parvenaient à ses oreilles, aigus et aigres, résonnant dans son propre cœur comme une danse macabre. Et tout le délicieux vacarme ne pouvait que contribuer à la sortir de sa somnambulique torpeur. Un rat pelé s’agitait dans la gueule d’un chien, avec véhémence, mais ses yeux rouges et luisants s’immobilisèrent instantanément lorsque le chien commença à enfoncer ses cros dans son ventre osseux.
    Un rire.
    Elle était dans une chambre aux murs blancs. Dépourvue de tout meuble. Une ampoule à l’éclat funeste se tortillait au plafond, dans un lent ballet, mais même cette lumière pisseuse semblait l’inviter à refermer les yeux. Ne serait-ce cette douleur qui ankylosait fermement ses jambes jusqu’aux genoux. Cherchant à étendre les mains pour mieux pouvoir appréhender son environnement.
    « Inutile. »
    Suivit d’un rire.
    « Tu vas être le témoin privilégié d’une expérience sans précédent, Alice. Une expérience menée par les élèves ! Et tu es notre cobaye. Oh, et puis ne dit rien, ça n’en vaut pas la peine. Tu auras tout le temps d’en découvrir les enjeux par toi-même. »
    Combien étaient-ils ? Il lui semblait que les rires se multiplient à l’infini, et que leur écho se glissait pernicieusement dans ses oreilles. Ses pupilles dilatées ne parvenaient pas à saisir le spectacle, seul la silhouette trépignant de son daemon accrochait sa vue. Jusqu’à ce qu’un cri plus violent éveille complètement sa conscience. Son cri ? Ou était-ce juste le fruit de son imagination ? Elle sentait une main étrangère parcourir son corps, d’une façon inquisitrice, mais ses entrailles lui dictaient toute l’atrocité de la situation.
    Le garçon venait se saisir dans ses mains hideuses le corps trapu du daemon et le plaquait dans une bassine remplie d’eau. La sensation s’estompait, soudainement, puis recommençait, aveuglante dans son intensité. Dans sa torpeur nébuleuse, il lui semblait reconnaître un visage, le visage de ce sacrilège qui osait passer ses pattes dégueulasses sur son bien. A elle.
    Comme si on lui filait un coup, brusquement.
    Ce devait être le daemon qui avait du le recevoir.
    Mais elle le percevait très clairement, maintenant.
    Les mains de l’enfant … ou du monstre ? Car en fin de compte, n’était-ce pas ce qu’il était, ce gentil et servile toutou, parfait dans son atrocité ? Il s’emparait d’électrode et les appliquait sur le daemon lui aussi attaché, ficelé comme un beau bout de viande. A l’instant où il le plongea dans la bassine, sa gorge s’agita d’un spasme et elle se sentit éructer un hurlement, vomissant sa douleur, sa peine, son chagrin, son humiliation avec toute sa force. Secouant désespérément la cordelette qui la retenait ses mains. Puis une autre douleur, différente de celle du courant électrique, grillant méthodiquement son chagrin pour le transformer en folie, en rage. Il devait avoir pris une baguette, maintenant, piquant, tâtant les flancs du daemon. Et cette voix qui s’égosillait dans son crâne.
    Un élan haineux s’empara de sa conscience, aveuglant toute forme de crainte. La rousse ne devenant plus qu’une bête impavide, qui tira sur la corde avec une fureur décuplée, tirant toujours, sans sentir ses membres frissonnant, tordus, contusionné. Se libérant finalement de son étreinte. Sombrant dans le noir, dans le silence. Les yeux fermés. Ivre de rage, n’ayant plus conscience de son environnement, elle se rua droit devant elle, se sentant tout juste culbuter une forme dans ses ténèbres. Planta ses ongles, mordant à même la chair se qu’elle trouvait, peu importait. Elle voulait faire mal.
    La chose se débattait, elle le sentait, mais elle tirait, une fois de plus. Jusqu’à ouvrir de nouveau les yeux, et voir, à quelque centimètre seulement de ses doigts la chaise. Sa chaise électrique, songeait-elle sans conviction. Relevant sa carcasse frêle, elle s’empara de la chaise, la brandissant pour l’abattre, entendant avec satisfaction quelque chose claquer, puis craquer. Quelque chose l’assaillant par derrière, elle eut tout juste le temps de libérer sa main pour la porter à la poche de son pantalon trop large, déchiré, et en sortir une fourchette tordue. Qu’elle planta sans la moindre hésitation sur ce qui enlaçait sa cage thoracique. Se sentant au bord de l’explosion. Ruant comme une folle. Entravée encore par la chaise qui pendouillait à sa cheville. Se jetant contre les murs avec son assaillant.
    Finalement … elle hurlait le nom de sa bestiole chérie ?
    Elle ne savait pas, ne savait plus.
    Puis les bras se détachèrent de son corps. Mais, tétanisée, jugeait le sourire carnassier que lui délivrait le garçonnet blond. Et bizarrement, se mis à sourire, elle aussi. Un sourire malade. Dégénéré. Vraiment pas rassurant. Il tenait le daemon entre ses mains ignobles, sacrilèges, plaqué contre le mur, avec sa protection face à la folle.
    « Inattendu, murmura t’il. »
    « Mais encourageant, j’imagine, siffla la fille. »
    « Je n’irais pas jusque là. »
    Echange poli, quoi que glacé, qu’on aurait pu croire entre deux personnes civilisées. Mais Alicel brandit sa fourchette, et vive comme l’éclair, la jeta sur l’interrupteur. Possédant, dans le noir, tout à son avantage. Son corps se raidit, et elle sauta sur l’endroit où elle devinait le garçon, le renversant dans un bruit sourd. Sentant au passage, les cros du chien s’enfoncer dans son épaule. Sa bave se mêlant au sang qui commençait à couler de ses muscles. La rouquine appuya un genou sur la poitrine du son tortionnaire. Elle souffrait, mais plus que tout, découvrait l’étrange jubilation qui coulait dans ses veines alors qu’elle enfonçait ses doigts dans les orbites du garçon effaré.
    Faisant tomber son poing. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Encore, cinq fois. A n’en plus sentir ses jointures s’écraser dans cette purée de cellules à vif. Jurant, hurlant. Et lorsqu’elle ne sentit plus d’autres réactions dans la salle, autre que le froufrou délicat et rassurant du daemon, de nouveau contre son cœur flageolant, Alicel se leva et, tout en tâtonnant, fini par trouver l’interrupteur, et rétablit la lumière sur la glorieuse boucherie.
    Et cette fois ci, le rire était le sien. Un rire de démence.
    La folie obnubilant tout.
    « JAMAIS ! JAMAIS ! Jamais personne … jamais personne ne m’a traité d’une façon si grossière ! beugla t’elle, haletante. »
    S’approche pour finir le travail. Les yeux exhorbités.

    Alicel Caughan, AH AH AH !



    [15 ANS]
    Grande salle de conférence.
    Ses yeux gris, sans âge, observent successivement le professeur, l’infirmier, et un autre homme, calés dans leurs sièges, à l’autre bout de la table. Bien habillé, dans un costume fort élégant, enrobé d’une délicate fragrance d’automne, légère, mais piquante, néanmoins.
    Elle, assise dans un fauteuil tournant, caressant une bestiole ronronnant sur ses genoux croisés. Jouant avec son fauteuil à faire disparaître puis reparaître le visage de son solennel auditoire. Légère comme une feuille morte, dans sa robe blanche, la brunette avait changé. En bien, en mal. Rien n’était plus comme avant. Son grand jeu ? Empaler les mains de ceux qui osaient s’en prendre à elle, peu importait le support. Depuis ce jour où l’illumination était venue, où elle avait pris conscience avec jubilation du pouvoir qu’elle avait sur la vie d’autrui, simplement en levant le bras. De terrorisée qu’elle avait été, elle devenait terroriste, le tout garni d’un minois moins maigre, plus plaisant. Sourire commercial.
    Elle mâchouilla un instant un bonbon, ne cessant pas se flatter l’encolure du daemon aux pattes sagement croisées devant son museau. Grattant son oreille.
    Surprenant le regard aigu de l’infirmier, elle murmura, suprêmement dédaigneuse à l’égard de son maître.
    « Il est magnifique, n’est-ce pas. »
    Il lui ressemblait pour tout dire. Le daemon avait prospéré, et il avait désormais pris sa forme définitive. Une hyène, aux cros démesurés. On aurait dit une tempête de feuille morte. En automne. Le daemon ouvrit les yeux, puis les referma paresseusement.
    « Alors ? »
    « Je pense reconsidérer votre suggestion, monsieur. »
    « Vous feriez mieux de dire oui, cracha avec dédain l’homme en costume. Sinon, vous n’aurez plus cette chance. »
    « Je me trouve très bien dans la situation actuelle. A quoi bon faire mieux. »
    « Vivement oui, Alicel. Écoutez-le, suggéra l’infirmier de sa voix odieusement suave. »
    « La ferme, bande de pauvre petits crétins, aboya la fille. Vous m’avez, je le crois, suffisamment manipulé, alors je peux prendre des décisions à ma façon, maintenant. »
    « On reporte que vous êtes violente. Que avez à moitié massacré un élève et … »
    « Trois, monsieur, si je puis me permettre. Et pas qu'à moitié. Vous voulez les détails, ou est-ce qu'ils risquent de choquez votre pure âme innocente ? Je voulais arracher à la fourchette chaque centimètre carré de leur sale gueule pour qu'on ne puisse pas les reconnaître, et en fait ... »
    « Inutile de vous attarder sur vos faits de guerre. Vous reppartez à zéro. »
    « Ce qui n'est pas pour me plaire... »
    L’homme en costume tira une cigarette qu’il alluma, son ténébreux visage se noyant dans la fumée, tandis que l’aile royal, nonchalamment perché sur son épaule dardait un œil malveillant sur le renard. Son regard se passait de toute réponse orale. Elle y lu mépris. Brut. Pur. Intense. Le regard qu'on jette sur un produit qui vous a franchement déçu, alors qu'il vous a couté les yeux de la tête...
    « Vous changez de section, dès demain. »
    « Je ne crois pas que vous puissiez m’y forcez. »
    Alicel se leva, suivit de la mutine créature souple et rusée. Se dirigeant gracieusement vers la sortie, passant devant l’infirmier avec une moue supérieure, puis devant l’homme au costume, suivie par l’œil de l’aigle.
    N’eut cependant jamais le temps de poser la main sur la poignée de la porte. Se retournant avec horreur pour voir l’aguille luisante d’une seringue s’enfoncer dans son cou de porcelaine. Dégainant de nulle part son couteau, comme à son habitude, elle tenta de l’élever au dessus de la tête de l’infirmier, mais n’eut pas la force de le planter dans son cœur, réussissant tout juste à l’entailler la peau du traître.
    Giclure de sang sur ses lèvres carmins.
    Et l’homme qui vociférait un je croyais qu’elle n’avait pas d’arme, non de Dieu !
    Et l’infirmier portant sa main en gémissant à son épaule.
    « Bon sang de bonsoir, vous n’êtes pas fichu de surveiller que ces dingues ne volent pas d’armes au … »
    Ces dingues, ah ouais ... Elle eut cette ultime pensée.
    Plus rien.


    Juste, quelques heures plus tard, un retour à la réalité, loin du paradis nébuleux où l’avait envoyé l’anesthésiant, un peu difficile. Un peu inconfortable. Le coin de sa paillasse lui rentrait dans les côtes. Assise dans une cellule qu’elle n’avait encore jamais vue. Plus rien. Juste son daemon, encore inconscient, qu’elle déposa sur la paillasse.
    Pourquoi était-elle là ?
    Sans doute cette histoire d’affectation … à la milice ? avaient-il dit.

    [...]


    [MAINTENANT]
    Scalpel. Merci. Et hop ! On le plante dans la salle caboche. Paf. La lame s’enfonce lentement, mais sûrement, dans un bruit de scission, découpant la graisse, la chair pour enfin trouver quelque chose de plus résistant. Du muscle ? Le cœur ? Du sang gicle. Pas grave. Il hurle. Pas grave. J’enfonce légèrement plus le scalpel, et finit par découper plus précisément le bout de viande qui pendouille lascivement sur son brancard. Je remonte. Encore, encore. Et ses cris de cochon qu’on égorge finissent par m’irriter. Pourquoi ne se laissent-ils pas faire ?
    Eux, ils ont de la chance, ils n’en ont pas pour très longtemps.
    Il ferme les yeux, pour ne plus me voir, fort probablement, se résignant à accepter la mocheté de sa situation, très crasseuse il faut l’avouer. Alors, tout d’un coup, un spasme soulève son dos hérissé de frissons, et je ne peux que lui accorder un sourire étrangement tordu et fêlé. J’aurais peut-être aussi du accrocher son cou, puisque visiblement, mains et pieds, se n’est pas suffisant. Tchac. Un bon coup dans sa sale gueule, et il retombe sur la planche. Puis il r’ouvre les yeux, et me fixe. Il se demande pourquoi ? Pourquoi je fais ça. Parce que j’ai des ordres. Et pourquoi ? Pourquoi je ne le tue pas tout de suite. Parce que je suis une créature que les psychologues qualifient de sadique. Je sais que je vais me faire gronder. Par qui ça ? Par EUX. Ils sont mes maîtres, mes créateurs, ceux à qui je dois tout : mon actuelle et présente existence de chienchien à la solde de l’Ecole, et mon tempérament.
    Ils voulaient pourtant le garder en vie, j’en suis bien consciente ; il a effectivement atteint un dégré assez peu commun dans les expériences réussies. Il n’a … plus de daemon ! Dingue ? Dégeu ? ahhh, tut tut tut ! Méfies toi bien de ce que tu penses. Tu pourrais bien finir comme ça toi aussi. Tu te dis que tu n’as aucun motif pour que ton corps soit « réquisitionné » par l’Ecole et la Milice ? Alors, sache qu’une mystérieuse épidémie gangrène patiemment ta charmante ville. Ce sont des esprits. Néanmoins … il n’y a pas besoin de cela. En effet, l’Ecole regorge de pratique quelque peu … illicites. Manquant d’éthique.
    Et moi dans tout ce sublime manège ? Tant que mes maîtres m’acceptent, je coupe, je découpe, je recouds, je branche, je file des coups de tazer, j’arrache, je greffe, j’expérimente.
    Coupe, coupe, coupe !!! Merveilleuse mélodie de la terreur à son apogée.

    Miam !


Have a nice day.

    Et, en ouvrant le dossier de la rouquine, on trouve le rapport du psychologue en chef.
    22/10/19..
    Q : Quelle est ta phrase favorité ?
    Ce qui ne tue pas nous rends juste plus bizarre, dit-elle, un sourire tordu fixée sur ses petites lèvres pulpeuses, rouges, sanguines, légères, comme prêtes à recevoir un baiser. Avec son teint de poupée surannée.
    Q : Quel est le mot qui te cerne le mieux ?
    L'autodestruction. Oh, et puis non, attendez, non, en fait. Bah ! Ah ! Eh! Hein ! Hi ! Oh ! Ah ! singe t'elle. C'est mieux. Elle rit.
    Q : Comment considères-tu la Dei Scola ?
    Un job assez risqué, qui paye mal. Elle sourit. Mais qui n'hésites cependant pas à ramasser n'importe quel déchêt. Donc, on va dire que je lui suis reconnaissante. Parce qu'elle a donné une chance à un ramassis comme moi. Même si eux, ils se montrent quand même beaucoup plus ingrat. Je leur suis bien utile, après tout...
    Q : Peux tu justifier ton évolution ?
    Mon évolution ? Si je ne suis qu'un cobaye, je ne pense pas avoir à me justifier. Soit je suis une expérience ratée, soit au contraire j'ai bien tourné. Elle a un regard gris, sans âge, ténébreux, et pourtant, je crois que la seule flamme qui peut bien vasciller dans ces ternes yeux doit être celle ... de la folie ? Et si je ne suis pas un cobaye, alors c'est votre boulot de savoir pourquoi je suis devenue comme ça. Têtue. Arrogante. Une pimbèche qui se croit donc tout permis. Il faudrait qu'on la recadre.
    Q : Arrives-tu à sympathiser avec tes camarades ?
    Bien sûr, c'est évident. Le problème, c'est qu'ils n'arrivent pas à se plier aux règles du jeu. qui ne sont pourtant pas compliquées, il faut bien le souligner.
    Q : Les règles du jeu ?
    Sympathiser. C'est parvenir à un pacte de non-agression avec l'autre. Si quelqu'un me fait une remarque de travers, il le regrette tôt ou tard.
    Q : Pourquoi tant d'agressivité ?
    Question idiote, monsieur. N'est-ce pas évident ? Je suis violente, parce que je le peux, que je le veux, et que ça me fait survivre. J'aime ça. Découper. Paf ! Ah ! Hi ! Oh ! Bah ! Eh ! Hi ! Ah ah ah ! Je me venge de ce que l'on m'a fait subir, et j'en profite pour m'amuser.
    Q : N'est ce pas cruel ?
    C'est vous, l'architecte de ma personnalité, qui me le demandez ? Vous ne manquez pas d'humour. A la langue bien pendue.
    Q : As-tu des amis ?
    Non, trop encombrant. Trop problématique. Trop compliqué. Et inutile, de surcroît. Mais si vous y tenez tant. Elle se penche, prend dans ses bras son daemon, nommé Vesper, et le désigne. Sale tête. On dirait un chat de salon goinfré, et qui en veut encore. Mignon, hein ? J'ai l'impression qu'il veut me bondir dessus. Il a un oeil ... Je ne sais pas comment décrire cet amas confus qui me viens spontannement à l'esprit.
    Q : Quel est la chose la plus révélatrice dans ton daemon ?
    Les apparences sont trompeuses ?
    Q : C'est à dire ?
    Une hyène ça bouge, ça mords. Et pan ! Ca se retrouve accroché en trophée de chasse de monsieur, tandis que la filette s'appitoye sur le sort de la bestiole. Et puis les hyène, on ne sait jamais s'ils sont gentils, ou s'ils ont la rage.



You, you, you, I want you !

    AVATAR : Nathalie Dormer
    PSEUDO : fifi
    COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ? Ca fait longtemps que je suis dessus
    DES COMMENTAIRES ? Everything's perfect, niuh ? Bah, comme j'ai un peu contribué, j'vais pas cracher dessus XD
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Bertille - what about coming with me in wonderland

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