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 Perdue [Pv : Felize]

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ADMINISTRATEUR
Gretel Pinderschloss

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MENSONGES : 203
DATE DE PANDAISON : 08/06/2008

CHECK RABBIT
GENRE: Humain imperméable
GENERATION: NIVEAU B - nuisible
DANGEROSITE EVALUEE A:
95/100  (95/100)
MessageSujet: Perdue [Pv : Felize]   Jeu 23 Oct - 18:30

    Elle s’était échappée.
    Loin, loin, ces cellules grises à l’odeur entêtante d’aseptisation, ce personnel monochromatique au sourire délicieusement artificiel, cette clinique d’où les patients ne ressortaient jamais. Eve refusait d’entendre le sentiments qui criait en son cœur : tout cela n’est qu’illusion, n’as-tu pas l’impression, triste poupée, qu’on t’as laissé partir ? Ne crois tu pas qu’ils sont là tout près de toi, mon ange, si près que tu pourrais sentir leur haleine contre ton cou qui tu le voulais ?
    Sur cette route où elle marchait, pied nus, elle ne sentait pas le froid, naviguant dans ce paradis qu’elle avait toujours voulu voir, à la clarté de la lune. Aucun être humain n'aurait voulu venir ici, mais son long corps gracile de jeune biche alerte s’élançait dans la nuit noire, dans son éternelle robe de Dame blanche. Et elle chantait, d'une voix cristalline. Fantomatique, terrifiante. Soudain, elle trébucha. Sur quoi ? Sur un cadavre, sans aucun doute, mais même la pleine lune ne parvenait pas à lever le voile sur l’identité de la chose à terre. Son premier réflexe fut le frisson, au contact de la peau froide, où déjà quelques mouches se massaient, avide de cette chair un décomposition, charognes agglutinées devant la pourriture. Qu’étaient ces lambeaux de chairs ? Elle ne le savait pas. Ses genoux à même le bitume lui paraissaient en feu, mais cette souffrance ne représentait RIEN, pour celle qui avait été un cobaye de la Corporation, pour son bien et celui d’une nation inexistante, pour la science qui reculaient lentement vers l’atroce barbarie, et pour le plaisir sadique d’une race humaine dégénérée.
    Eve tendit une main, une autre.
    Non pas pour se relever. Non pas pour s’enfuir à tire d’aile, comme ce qu’elle avait prévu de faire.
    Ses doigts fins d’albâtres se promenèrent un instant sur la peau de la créature, parcourant les os saillants qui s’offraient à elle. Puis, ils glissèrent doucement sur ce qui devait être un joue, coulant jusqu’au sommet d’un crâne défoncé à la base des tempes. Des traces de sang visqueux maculaient ses mains, mais Eve ne semblait pas reconnaître ce liquide qui lui faisait tant horreur. Elle jouait, comme une enfant tombée sur une magnifique poupée.
    Méchantes mouches. Partez donc.

    La jeune fille se releva soudain, avec, dans la main, un curieux petit collier en forme de croix, sans doute en nacre, pourtant des caillots de sang et de limbe venaient se loger dans le creux de l’objet, et quelques morceaux avaient été arrachés. Ravie de sa trouvaille, Eve le laça maladroitement à son poignet, affairée à cette fastidieuse tâche.
    Elle ne voyait rien, aveugle à cette sanglante nuit ; l’astre opalin si trompeur avait bien jeté une ombre enchantée sur cette nuit, alors pourquoi ne pas y croire jusqu’au bout… Eve sourit, et très doucement, se retourna.

    Devant elle, une silhouette, une femme qu’elle n’avait jamais vue, et qui la regardait fixement. Seulement à cet instant, le rêve pris fin. Les couleurs s’éteignirent, et le sang demeura sur ses mains, sur sa peau, dans son souffle et sur la croix. Non, décidement, si elle parvenait à échapper aux filets de la Corporation, se serait sans doute pour y retourner d’elle-même, trop effrayée par ce monde ci-bas, dont elle ne savait rien.
    Eve chercha à reculer, tremblante, et de nouveau, trébucha sur le corps.
    Sous cette nouvelle lumière braquée sur elle, elle put apercevoir même quelque chose, qui rampait le long du cadavre, lentement ; une ou deux charognes se dressaient sur des poteaux défoncés, criant famine. Alors elle hurla de tous ses poumons.
    Aidez moi.
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MessageSujet: Re: Perdue [Pv : Felize]   Lun 27 Oct - 22:41

    La nuit était froide ce soir-là. Ce soir la jeune fille était encore sortie de chez elle en détruisant le verrou que son père remettait à chaque fois sur les portes. Comme tous les soirs, elle était sortie afin de se sentir libre. Comme tous les soirs, le chien des voisins avait aboyé lorsqu'elle était passée. Comme tous les soirs, elle avait descendu la rue et s'était dirigée vers un nouvel horizon. Comme tous les soirs, elle avait marché sans fin. Et comme chaque fois, elle ne savait pas où elle allait. Peut être dans une zone interdite. Ou peut-être dans une zone autorisée. Elle ne le savait pas et s'en fichait. La seule chose qu'elle voulait s'était s'éloigner de son monde, du monde de son père. Elle voulait aller là où lui ne pourrais jamais aller. Elle voulait s'en débarrasser. Oui, c'est ça. Elle voulait se débarrasser de cet homme. De ce monstre qui avait détruis sa vie. De cet homme qui l'avait maltraitée elle et sa mère. Elle voulait se débarrasser de ce monstre qui avait fait de sa vie un enfer. Ou alors peut être voulait elle prouver au monde qu'elle existait. Prouver aux gens qu'elle était bien là et qu'elle pouvait réagir à tous moment. C'était peut-être ça. Ou pas après tout. Peut être qu'elle voulait juste désobéir aux règles dans le seul but d'aller marcher seule, dans le froid de la nuit. C'était ça. La noirceur, le côté sombre. C'était ça qui lui plaisait dans ces excursions nocturnes. Le silence. Des lumières arrachèrent Felize à ses pensées. Des gens approchaient. Vive comme l'éclair elle partit en direction d'une ruelle et se mit à courir. La jeune fille passa d'une ruelle à une autre le plus rapidement possible et sans faire de bruit. La lune l'éclairait un peu, mais à de nombreuses reprises, la survivante se cogna contre toute sorte de choses. Des poubelles, elle trébucha sur les cartons posés au sol et rentra même dans un mur. Pour vous dire, ce n'était pas la blondinette la plus discrète.

    Au bout de quelques minutes de course folle à travers la ville, la jeune femme se permis une pause. Elle reprit lentement sa respiration et marcha jusqu'à déboucher sur une place. Ce fus seulement après quelques minutes qu'elle comprit où elle était. Felize s'était retrouvé dans la zone ouest. La zone non sécurisée. La jeune femme était déjà venue dans ces environs. Si sa mémoire était bonne, à sa droite et après un bon quart d'heure de marche il y avait l'asile. Devant elle, après quelques dédales, la route. Ce fut d'ailleurs la direction que la jeune fille décida de prendre.

    Et là, comme au départ, la survivante marcha sans but précis. Pendant une demi heure ses jambes bougèrent puis se figèrent. Net. A quelques pas de là, il y avait sur le côté de la route un corps allongé et une femme penchée sur celui-ci. L'inconnue se retourna et dévisagea longuement Felize qui ne bougea pas.
    Une ombre derrière le corps fit sursauter la femme. Des charognards. Un cri de détresse retentit dans la nuit. La jeune fille pensa d'abord à prendre ses jambes à son coup, mais celle-ci décidèrent de faire le contraire et se mirent à courir vers le corps inerte.
    Grâce à quelques gestes vifs des bras, la jeune femme fit fuir les animaux. Elle tendit une main à la femme qui se tenait assise sur le sol et l'aida à se relever

    - Et bien dites-moi ? Quelle idée de se balader sur cette route en pleine nuit. Qu'est-ce qui vous a pris ?
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Perdue [Pv : Felize]

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